Latin

Mgr de Ségur, Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues
« Objection : Pourquoi parler latin ? Pourquoi se servir d’une langue inconnue ?
Réponse : Parce que, à des dogmes immuables, il faut une langue immuable qui garantisse de toute altération la formulation même de ces dogmes.
Parce que, à une société universelle, il faut une langue universelle qui maintienne, resserre, proclame hautement l’unanimité de la foi et la fraternité universelle de la religion véritable.
Les protestants et tous les ennemis de l’Église catholique lui ont toujours durement reproché le latin. Ils sentent que l’immobilité de cette cuirasse défend merveilleusement de toute altération ces antiques traditions chrétiennes, dont le témoignage les écrase. Ils voudraient briser la forme pour atteindre le fond. L’erreur parle volontiers une langue variable et changeante.
Ce reproche, d’ailleurs, si on l’examine de plus près, n’a aucun fondement. N’y a-t-il pas une foule de personnes qui savent le latin ? La prédication, c’est-à-dire la partie du culte divin qui s’adresse directement aux fidèles, n’est-elle pas en langue vulgaire ? Pour le reste des offices, n’y a-t-il pas un nombre infini de traductions des prières de l’Église ? Quel est le chrétien que la langue mystérieuse de l’autel empêche de suivre l’office ? Certaines cérémonies, certains signaux n’avertissent-ils pas tous les assistants de ce qui se fait et de ce qui se dit ? S’ils sont distraits, n’est-ce pas leur faute ?
Rien n’égale, en outre, la dignité, la grandeur, la clarté, la beauté de la langue latine. C’est la langue des conquérants de l’univers, des Romains ; c’est la langue de la civilisation ; c’est la langue de la science. Cette langue est la reine des langues ; elle méritait de devenir la langue de la Religion.
Outre les grands changements qui dénaturent les langues vivantes, il en est beaucoup d’autres qui semblent peu importants, mais qui le sont beaucoup. Ainsi tous les jours l’usage change le sens des mots et souvent le gâte par pur caprice. Si l’Église parlait notre langue, il pourrait dépendre d’un bel esprit effronté de rendre le mot le plus sacré de la liturgie ou ridicule ou indécent.
Sous tous les rapports imaginables, la langue religieuse doit être mise hors du domaine de l’homme. Voilà pourquoi l’Église catholique parle latin. »

Gilbert Keith Chesterton, Pourquoi je suis catholique
« Lorsque nous sommes attaqués et moqués pour notre obstination à dire la messe dans une langue morte, nous sommes tentés de répondre à ceux qui nous questionnent en leur disant qu’on ne peut apparemment pas leur laisser une langue vivante entre les mains. Quand nous considérons ce qu’ils ont fait à cette noble langue anglaise, nous avons le sentiment que leur progrès pourrait très bien être qualifié de dégénérescence. La langue dite morte ne peut jamais être taxée de dégénérescence. Ils pourraient même sûrement comprendre que nous y trouvions refuge, à une époque où (dans la langue vernaculaire) le mot « immaculé » s’applique seulement aux plastrons de chemise des snobs et le mot « onction » ne signifie pas extrême-onction, mais uniquement probité onctueuse. »

Père François Spirago, Catéchisme catholique populaire (Page 458)
« La langue latine prévient bien des inconvénients ; comme langue morte, elle ne varie plus, le sens des mots reste le même à travers les siècles, ce qui n ’existe pas pour les langues vivantes, qui changent souvent dans le cours des siècles. Si la langue liturgique était une langue vivante, il s‘y glisserait facilement des hérésies. D’un autre côté, le latin s’oppose à ce que des hommes grossiers abusent en dehors du service divin, des paroles et des prières sacrées pour en faire d’audacieuses plaisanteries ou se moquer des choses saintes. »

Abbé Francesco Ricossa, Sodalitium N°30-31 (Février 1993)
« Il n’existe pas de religion qui ne fasse une distinction entre le sacré et le profane. Ce qui est sacré est précisément pour cette raison consacré à Dieu, Lui est réservé et par voie de conséquence est soustrait à l’usage profane. Le culte divin en particulier a ses lieux sacrés (les églises), ses rites sacrés, ses objets sacrés, ses ornements sacrés. La langue ne fait pas exception. Déjà, dit Dom Guéranger, « au sein du paganisme, les anciens Romains avaient compris cette immobilité de langage de la prière publique. Quintilien nous apprend que les vers chantés par les prêtres saliens remontaient à une si haute antiquité, qu’on les comprenait à peine, et cependant la majesté de la religion n’avait pas permis qu’on les changeât. Nous avons vu que les Juifs, avant le christianisme, dans leurs assemblées religieuses lisaient la Loi et les prières du culte en langue hébraïque, quoique cette langue ne fut plus entendue du peuple. Ne serait-ce pas se refuser à l’évidence que de ne pas reconnaître dans tous ces faits l’expression d’une loi de la nature d’accord avec le génie de la religion ? ».
Tout comme la Religion révélée de l’ancien testament, les religions païennes ont eu le même comportement que par la suite l’Église Catholique : elles ont utilisé pour la liturgie une langue sacrée, retirée de l’usage profane, immuable. L’histoire des églises orientales (en général schismatiques) qui ont maintenu l’usage de la langue vulgaire dans la liturgie, ne démentit pas notre affirmation ; elle la confirme plutôt involontairement. En effet, sans avoir adopté comme l’Église de rite latin le principe de la langue sacrée, les Églises orientales ont subi le même phénomène universel de sacralisation de la langue liturgique. Les langues copte, arménienne, éthiopienne, slavonne ont à peine « senti le contact des mystères de l’autel, qu’elles deviennent immobiles et impérissables ». C’est pourquoi, même les Églises orientales « célèbrent, tout aussi bien que nous, le service divin dans une langue qui n’est plus entendue du peuple ». Au contact de l’autel, ces langues se sont « sacralisées ». Supprimer de la liturgie l’usage d’une langue sacrée équivaut donc à une profanation puisque, ce faisant, on va contre la nature et le caractère même de la religion : voilà qui parait évident. […]
« Jésus-Christ se choisit et consacra la seule cité romaine. C’est là qu’il veut que demeure en permanence le siège de son Vicaire » (Léon XIII). Ce n’est donc pas un hasard, mais « une admirable disposition du Christ » (Pape Gélase), si Pierre choisit Rome comme siège épiscopal du Prince des Apôtres. L’Église est donc Romaine. La Providence qui a choisi Rome, a aussi choisi pour l’Église la langue de Rome, la langue latine. « Le Seigneur – dit le Cardinal Ottaviani – a donné un moyen providentiel pour maintenir la tradition et la vérité catholique ; Il lui a fourni un langage tout spécial, la langue latine. » Par l’usage de la langue latine, les diocèses du monde entier sont donc unis à l’Église Romaine et au siège de l’Apôtre Pierre. […]
Pie XI a écrit : « L’Église embrassant en son sein toutes les nations […] exige de par sa nature même une langue universelle… » (Ep. Ap. Officiorum Omnium, 1er Août 1922). Voilà pourquoi la langue latine peut être vraiment appelée « catholique » (qui signifie universelle) selon l’expression du même Pie XI dans le document cité ci-dessus. Par contre, le schisme oriental et la pseudo-réforme protestante, rompant l’unité catholique, ont créé des « églises » autocéphales et nationales. Et de même que l’Église Catholique exige « de par sa nature » une langue universelle, les « églises » nationales, de par leur nature même, adoptent la langue nationale, comme on peut le constater chez les « orthodoxes », les protestants et les sectaires de Vatican II. […]
Reprenons la citation de Pie XI : « en effet l’Église embrassant en son sein toutes les nations, et étant destinée à durer jusqu’à la fin des siècles, exige de par sa nature une langue universelle, immuable, non populaire” (Officiorum Omnium). Romano Amerio commente : « En second lieu l’Église est, dans sa substance, immuable et c’est pourquoi Elle s’exprime dans une langue en quelque sorte immuable, soustraite (relativement, et plus que toute autre) aux altérations des langues usuelles ; altérations si rapides qu’aujourd’hui, dans tous les pays européens, des glossaires sont indispensables à la compréhension des œuvres littéraires anciennes. L’Église a besoin au contraire d’une langue qui réponde à sa condition intemporelle et qui soit privée de dimension diachronique… ». […]
Nous ne pouvons passer sous silence un dernier argument : qui prône l’introduction dans la liturgie de la langue populaire se met du côté de tous les hérétiques.
En 1878, Dom Guéranger énonçait : « La réforme liturgique ayant pour une de ses fins principales l’abolition des actes et des formules mystiques, il s’ensuit nécessairement que ses auteurs devaient revendiquer l’usage de la langue vernaculaire dans le service divin. Aussi est-ce là un des points les plus importants aux yeux des sectaires. Le culte n’est pas une chose secrète, disent-ils. Il faut que le peuple entende ce qu’il chante. La haine de la langue latine est innée au cœur de tous les ennemis de Rome. Ils voient en elle le bien des catholiques dans tout l’univers, l’arsenal de l’orthodoxie contre toutes les subtilités de l’esprit de secte, l’arme la plus puissante de la Papauté ».
C’est ainsi que les schismatiques orientaux furent favorables à la langue vernaculaire dans la liturgie. Le furent également, au XIIème siècle, les Vaudois et les Cathares : « Ces sectaires – rappelle Dom Guéranger – qui prétendirent les premiers à l’interprétation libre de la Bible par le jugement individuel, furent aussi les premiers à protester contre la langue liturgique, et à célébrer les mystères et les sacrements en langue vernaculaire. Ils firent de cette pratique un des articles fondamentaux de leur secte ». Après eux vinrent Wiclef en Angleterre et Huss en Bohême. Erasme de Rotterdam fut censuré par l’université de la Sorbonne pour avoir jugé chose inconvenante et ridicule de voir des ignorants « prier sans comprendre ce qu’ils prononcent ». Pour les théologiens de la Sorbonne « cette proposition… est impie, erronée et ouvre la voie à l’erreur des Bohémiens qui ont voulu célébrer l’office ecclésiastique en langue vulgaire ».
Tous connaissent la position de Luther et des autres protestants condamnés aussi sur ce point par le Concile de Trente. Le pasteur protestant Rilliet, à propos du schéma conciliaire (de Vatican II, évidemment) sur la liturgie, écrivait : « L’adoption, dans la liturgie, de la langue populaire est conforme à nos propres principes ». Les jansénistes ne firent pas mieux. Pasquier-Quesnel fut condamné pour avoir soutenu qu' »enlever aux gens simples [par l’usage du latin dans la liturgie, n.d.a.] cette consolation d’unir leur propre voix à celle de toute l’Église est un usage contraire à la praxis apostolique et à l’intention de Dieu ». Le conciliabule de Pistoie, voulu par l’Évêque janséniste Scipione de Ricci, avait souhaité « une simplicité plus grande des rites, exposés en langue vernaculaire et proférés à voix haute » car l’usage contraire de l’Église provenait, selon le synode, de l’oubli des principes de la liturgie. Le Pape Pie VI condamna cette prétention comme « téméraire, offensante pour les oreilles pieuses, injurieuse pour l’Église, favorable aux revendications des hérétiques contre l’Église ». Cette bulle de Pie VI « Auctorem fidei » condamnait pareillement une autre proposition du Synode de Pistoie, proposition reprenant l’erreur de Quesnel. Les jansénistes déclaraient qu’il est « contraire à la pratique des Apôtres et aux desseins de Dieu de ne pas offrir au peuple le moyen le plus facile d’unir sa propre voix à celle de toute l’Église ». Cette affirmation – écrit Pie VI – « entendue dans le sens d’introduire l’usage de la langue vernaculaire dans les prières liturgiques est fausse, téméraire, perturbatrice des règles prescrites pour la célébration des mystères, cause facile de très nombreux maux ».
Un catholique qui, instinctivement, aime tout ce qui émane de l’Église et fuit également spontanément tout ce qui rappelle l’hérésie, ne peut désirer ce que l’Église a toujours contrecarré, ce à quoi les hérétiques ont toujours tenu : le remplacement du latin par les langues vernaculaires dans la liturgie. »

Pape Pie XII, Mediator Dei (Encyclique)
« L’emploi de la langue latine, en usage dans une grande partie de l’Église, est un signe
d’unité manifeste et éclatant, et une protection efficace contre toute corruption de la doctrine originale. »

Père François Spirago, Catéchisme catholique populaire (Page 457)
« La langue latine est une langue mystérieuse, puisque, comme langue morte, elle n’est pas comprise du peuple. En en faisant usage, on donne à entendre qu’il se passe à l’autel quelque chose que l’on ne peut comprendre, quelque chose de mystérieux. Dans les premiers siècles du christianisme, l’autel était voilé depuis le Sanctus jusqu’à la Communion. Cet usage a disparu, mais il existe toujours un voile devant l’autel : c’est la langue latine que le peuple ne comprend pas, et qui nous rend les saints mystères vénérables. »

Pape saint Pie X, Tra le sollecitudini (Motu proprio)
« La langue propre de l’Eglise Romaine est le latin. Il est donc interdit de chanter quoi que ce soit en langue vulgaire pendant les fonctions solennelles de la liturgie ; et, plus encore, de chanter en langue vulgaire les parties variantes ou communes de la messe et de l’office. »


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