Définition
Joseph Mérel, Pour un fascisme du jour d’après (Page 255)
« Les principes d’une société d’inspiration fasciste seront clairs, mais non le détail de son organisation. Ainsi s’agira-t-il de faire revivre la grandeur et les principes ayant présidé à l’existence d’un passé politique majestueux et tombé en décadence, mais non de faire revivre ce passé même ; le futur ne sera reproduction du passé que dans la forme d’une transfiguration. On peut donc déjà être assuré qu’un chef se présentant armé d’un programme détaillé porteur de solutions-miracles est un imposteur, un anti-christ, un faux prophète. On peut être certain qu’une vague activiste inspirée par un passé qu’on voudrait reproduire à l’identique, par haine du présent, sous l’injonction de la seule nostalgie et non de l’appétit du futur à créer, est un délire passionnel que ne meut aucune vraie idée ; la vraie grande idée qui fait les vrais fascismes est rappel du passé en tant qu’il est porteur de valeurs intemporelles par là réalisables dans le futur, c’est-à-dire de valeurs que le passé n’a pas épuisées et qui exigent de se réincarner ; ainsi la vraie grande idée est-elle rappel du passé sur le mode d’appétits de l’authentique nouveauté libérée de toute nostalgie ; en deux mots, elle est révolutionnaire et conservatrice, elle est révolutionnaire anti-révolution. »
Joseph Mérel, Pour un fascisme du jour d’après (Pages 83-84)
« Le fascisme est d’abord une réaction viscérale contre les mensonges cyniques de l’esprit démocratique et de la philosophie des droits de l’homme qui se sont révélés être la ruse et la caution d’une substitution d’élite, à savoir la substitution de l’élite ploutocratique et bourgeoise, voltairienne puis judéo-maçonnique, à l’aristocratie traditionnelle, ce qui explique l’anticapitalisme et les origines socialistes (un excès appelle l’excès inverse) du fascisme. Le fascisme est en même temps une insurrection non moins vitale contre le type débilitant d’idéal qui est proposé par la philosophie démocratique : bonheur végétatif, médiocrité, frustration du désir de se donner à une cause qui nous dépasse et nous invite à nous sacrifier ; l’esprit démocratique, c’est l’esprit consumériste fardé en esprit de justice, c’est l’individualisme sordide attaché à se travestir en élévation spirituelle par l’évocation incantatoire de la dignité de personne humaine ; c’est l’égotisme qui se rend supportable à lui-même en s’offrant les apparences de la générosité, et qui s’achète de telles apparences en proclamant le droit de tous à être égotistes ; c’est le penchant à céder aux aspirations les plus ignobles qui gisent dans l’âme humaine, accompagné du recours au mensonge à soi pour se rendre justifiable. Mais l’homme de mauvaise foi conserve toujours la réminiscence latente de son inversion, par là de la véritable échelle du bien et du mal, et le fascisme est, sur le mode de l’indignation agressive, le réveil de ce souvenir. Le fascisme est en troisième lieu une insurrection contre la société d’avant 89, parce qu’elle en venait à cumuler des défauts, des injustices criantes, des dysfonctionnements propres aux fins de cycle ; la société se décomposait, les ordres supposés la constituer dégénéraient en classes, l’égoïsme devenait endémique. Le fascisme est la forme brutale, non dénuée d’exaspération, non immune d’angoisse désespérée, que prend, dans un peuple qui se voit spirituellement mourir, le désir d’héroïsme et de don de soi à une cause noble dépassant les soucis prosaïques de l’individu déraciné dégoûté de lui-même. »
Jean-Jacques Stormay, Abécédaire mal-pensant (Page 341)
« La vie naturelle de l’homme est celle d’un drame. Si l’héroïsme est bien l’affrontement résolu du tragique, si le drame est la résolution bienheureuse d’un tragique accepté, alors on peut dire que le fascisme est l’expression politique revendiquée de cette naturelle vocation – que le christianisme révèle, radicalise et résout – au tragique de la douleur consentie et du dépassement de soi. Le régime fasciste est ce remède de cheval, appelé par la décadence des temps modernes, destiné à rappeler à l’homme que la moindre des choses, quand on entend rester seulement humain, est d’aspirer à l’héroïsme ; que l’état ordinaire – naturel – de l’homme est d’être héroïque ; le fascisme consiste à prendre acte du fait qu’il faut de l’héroïsme pour être une bonne mère de famille, une bonne épouse, un bon père, un bon artisan, un bon fils, et qu’il doit y avoir de la discipline soldatesque et de l’agressivité conquérante dans tout état, à peine de laisser la douceur dégénérer en mièvrerie ou en tartufferie. Il y a quelque chose de totalitaire dans le fascisme, et il le revendique, qui consiste à tenir pour possible et souhaitable que soient maximisées, en une forme collective, toutes les aspirations de la nature humaine à la réalisation exhaustive d’elle-même ; c’est seulement en ce sens qu’il est permis de parler d’invention d’un homme nouveau ; mais cette aspiration n’eût pas été possible – à tout le moins n’eût pas osé accéder à la conscience explicite d’elle-même sans le déclenchement – d’origine chrétienne d’une soif temporelle d’absolu expressive, à l’intérieur du temps, d’un désir de l’Absolu intemporel. »
Joseph Mérel, Pour un fascisme du jour d’après (Page 31)
« Le fascisme est ce remède de cheval héroïque et brutal, non innocent d’une certaine rage de réappropriation rapide de l’héritage spirituel d’une société fourvoyée dans le libéralisme et l’individualisme, destiné à enrayer la décadence. Il est l’expression presque désespérée – ainsi non toujours éclairée ou rationnelle d’un instinct de survie contre la servitude de la maladie mortelle qu’est l’oubli de sa vocation noyée dans l’hédonisme. Il est l’effort désenchanté de retrouver la perfection ancestrale perdue, souvent après avoir tenté l’antithèse socialiste du libéralisme, en faisant l’amère expérience qu’elle est la complice de ce dernier. Le fasciste est un homme de droite ayant éprouvé le dégoût pour la décadence individualiste, qui crut conjurer cet individualisme en tâtant du collectivisme, et qui, revenu de tout, invente une nouvelle forme de vie communautaire gardienne des valeurs éternelles jadis célébrées, qui cependant n’est pas un simple retour en arrière. Et s’il accède à cette forme nouvelle en passant par l’antithèse peccamineuse (égalitaire et collectiviste) du mal individualiste dont il entendait se défaire, c’est parce qu’il avait pressenti la vacuité d’un effort de retour en arrière. »
José Antonio Primo de Rivera, Journal ABC (22 mars 1933)
« Le Fascisme n’est pas une tactique – la violence -, c’est une idée – l’unité -. Face au Marxisme, qui affirme comme un dogme la lutte des classes, face au libéralisme qui exige automatiquement la lutte des partis, le Fascisme soutient qu’il y a quelque chose de permanent, de transcendant, d’essentiel : l’unité historique appelée Patrie. La Patrie c’est l’unité indispensable de tous au service d’une mission historique, d’un destin suprême commun, qui assigne à chacun sa tâche, ses droits et ses sacrifices. Le Fascisme est né pour allumer une foi, non de droite (car la droite prétend tout conserver, même ce qui est mauvais), non de gauche (car la gauche prétend tout détruire, même ce qui est bon), mais une foi collective, créatrice parce que populaire. »
Joseph Mérel, Pour un fascisme du jour d’après (Page 258)
« Le fasciste, défini par sa réaction contre une décadence dont il sait que le peuple en est le principal responsable, ne fait pas, pour cette raison, confiance au peuple tout en voulant le bien du peuple, mais avec cette précision essentielle – contre tout despotisme éclairé, contre tout paternalisme bien-pensant – qu’il ne fait pas confiance au peuple tout faisant confiance au pouvoir de réveiller, dans le peuple, le meilleur de lui-même. Il y a un cynisme machiavélien, un culte narcissique du mépris de l’homme, un quiétisme du pessimisme à l’égard de la condition humaine dans lequel les esprits supposés forts se vautrent comme le font les sceptiques, en haine de la vérité, sur le mol oreiller du doute. Et tel n’est pas, à notre avis, l’esprit du vrai fascisme. Le fasciste veut croire en l’homme, héroïquement, quelque lucide qu’il soit en ce qui concerne ses bassesses et ses misères. C’est sous ce rapport, nous semble-t-il, que le fascisme reste un pari : croire aux énergies, aux puissances de redressement d’un peuple dont on sait d’avance qu’il ne bougera que s’il le décide, que s’il consent à se rendre sensible à l’exemple et au message d’un chef charismatique, et que nul ne peut le décider à sa place. Est fasciste celui qui, à toute distance de quelque inclination rousseauiste que ce soit, ne fait pas confiance au peuple mais qui, nonobstant cette lucidité désabusée, a le courage de cultiver l’espérance de réveiller dans le peuple le désir de se donner à une grande cause, de participer activement à l’œuvre commune, et qui de surcroît considère que la confiance que lui donne le peuple vient de ce qu’un tel chef sait ne pas lui faire confiance, ose le secouer, prend le risque de l’inviter à l’héroïsme. »
Joseph Mérel, Pour un fascisme du jour d’après (Pages 180-196)
« « Fascisme » vient de « faisceau » : le rassemblement des fusils au repos, ou l’attribut du licteur dans la Rome antique (le licteur était le garde portant une hache dans un faisceau de verges, qui marchait devant les hauts magistrats). Le fascisme est la dernière tentative humaine de réunir les hommes en faisceaux en s’appuyant sur leur bonne volonté, c’est-à-dire en pariant sur ce qui, en l’homme, n’est pas complètement pourri, c’est-à-dire encore en les unissant par le réveil du meilleur d’eux-mêmes, en les élevant moralement ; et c’est cela qu’au fond la modernité ne pouvait supporter, qui n’unit les hommes que sur le fond de ce qu’ils ont de pire ; et parce qu’il est toujours plus facile de descendre que de monter, le mondialisme, en ses versions libérale et communiste, a de fortes chances d’être le plus fort. Parce que le choix du fascisme est un pari que le fasciste juge digne d’être risqué, le fascisme est un optimisme, un défi lancé à l’entropie. Parce que le fascisme n’ignore pas que l’ordre est toujours une victoire précaire gagnée sur le désordre et la fascination nihiliste qu’il exercera toujours sur l’homme congénitalement fatigué d’être homme, le fascisme est un pessimisme. Selon qu’il est croyant ou non, le fasciste conjugue différemment les deux aspects de sa doctrine. S’il n’est pas croyant, il tient pour acquis que l’entropie l’emportera sur l’héroïsme, il s’y résout en esprit mais, pour la beauté du geste, pour le plaisir d’insolenter l’absurde, il fera comme si l’ordre et la vie pouvaient avoir le dernier mot. S’il est croyant, il reconnaîtra dans sa foi politique un geste aussi nécessaire que désespéré, et il affrontera l’invincible puissance de la médiocrité avec la sérénité de celui qui attend le temps de la « Grande Relève ».
Le fascisme négativement défini
Si, nous disent les historiens, l’on s’efforce à le caractériser de manière négative, ainsi par ses refus, on obtient ceci :
Il est faux que les hommes soient égaux, que l’homme soit naturellement bon, que la temporalité soit nécessairement porteuse de progrès continu, et sous ce rapport il n’y a pas de sens de l’histoire. Il est heureux que les hommes soient inégaux, parce que la complémentarité suppose la différence, et que la différence induit nécessairement des inégalités. Descartes, Kant, Rousseau, le positivisme, le scientisme sont rejetés. La démocratie est un régime de faiblesse dominé par les groupes de pression et incapable de sauvegarder l’intérêt national, elle est toujours une oligarchie ploutocratique, et c’est afin de promouvoir une telle oligarchie qu’elle a été instituée en feignant, pour se faire accepter et mobiliser les forces du peuple à son profit, de libérer ce dernier de l’oppression. Le système parlementaire est, pour le fascisme, un jeu stérile, un verbalisme étranger aux intérêts de la nation ; le pluralisme des partis engendre les ambitions personnelles vaines, les discussions inutiles, les divisions ruineuses. Le peuple est incompétent pour désigner les responsables politiques. Le fascisme est le refus de la philosophie des droits de l’homme, lequel, pour le fascisme, n’a pas de droits mais des devoirs dont les droits ne sont que l’envers défini par rapport aux premiers, qui sont effectivement premiers :
Ainsi que le rappela un Claude Bruaire en son temps, l’homme est libre sans être son origine, il s’appartient et se maîtrise en tant que libre, mais il n’est pas cause première de lui- même, il est donc donné à soi, confié à soi, mais par là il est congénitalement en dette de soi, et tel est le fondement de l’obligation morale. Ce qui lui confère le privilège de l’indépendance est cela même qui l’oblige, de sorte que la forme primitive d’exercice de sa liberté est le devoir moral. L’instance la plus immédiate à laquelle il doit tout est la société qui lui donne sa vie par ses parents, son héritage biologique et sa protection et sa formation. L’homme est par nature et non par contrat un animal politique. La société libérale fait de la liberté le fondement et la fin de la vie sociale, mais exclut l’homme puisse être ordonné au bien commun de la société. Si l’homme est sa fin, il n’y a pas de bien commun, mais seulement un intérêt général se limitant à rendre compossibles les biens privés. La communauté est moralement fondée à lutter contre ceux qui refusent de s’intégrer à elle. Le fascisme, en tant que refus du libéralisme, est refus du rationalisme entendu tant comme instance suprême de toute légitimité que comme capacité de calcul ; aussi est-il refus de la conception rationaliste de la raison qui réduit son objet à un mécanisme ; ce n’est pas la raison en tant que telle qui est visée, malgré les caricatures des adversaires du fascisme, malgré aussi certaines formules fascistes outrancières et circonstancielles à saveur anti-intellectualiste, faisant l’apologie de la passion et de l’irrationnel. Le fascisme se veut fidèle à l’élan vital doté d’une raison inconsciente et naturelle la raison réfléchie met en évidence et dont elle se reconnaît la conscience de soi, qu’elle peut au reste rectifier quand il est dévoyé. Sous des apparences anti intellectualistes, qui semblent faire l’apologie de l’instinct et de la violence, le fascisme entend signifier qu’il existe une raison dans les choses, dans le réel (au reste l’instinct est philosophiquement défini comme tendance et savoir-faire innés, or il y a « savoir » dans « savoir-faire »). Et c’est là le fondement de toute démarche métaphysique. Pour un intellectualiste, l’être en tant qu’être est intelligible, et le plus haut degré d’être est le plus haut degré de vie, mais le plus haut degré de vie est l’acte d’intellection, de sorte que, en retour, tout ce qui est, en tant qu’il est, participe inconsciemment et à des degrés divers de cette nature intellectuelle, à la fois intelligence et intellection. Ce que récuse le fascisme, c’est l’opposition de l’être et de la raison, comme si le réel était irrationnel, matière informe en attente d’un ordre que la raison constructiviste lui imposerait. Le fascisme combat le socialisme marxiste, qui est un matérialisme, un constructivisme, qui divise la nation en prônant la lutte des classes.
Le fascisme combat aussi la liberté économique sans frein, qui permet aux forts d’écraser les faibles au détriment de la collectivité, qui camoufle souvent la domination d’un peuple pauvre par un autre peuple riche.
Ici, « fort » signifie « rusé », « menteur », « vicieux », et c’est là la force des faibles qui se rend victorieuse de la vraie force des forts, laquelle est spirituelle et physique mais loyale. Il faut comprendre que l’idée de main invisible, chère à Smith, c’est l’idée selon laquelle la recherche égoïste par chacun de son intérêt privé aboutirait mécaniquement à l’intérêt général ; cela revient à dire que la recherche par la partie de son bien privé coïncide spontanément avec la recherche par le tout de son bien propre, qui est le bien commun, mais cela suppose que la société soit substance, car dans une substance vivante la vie de la partie est, stricto sensu, la vie du tout ; ce que précisément la Cité n’est pas. Comme « extraposition » de l’essence humaine, ainsi comme « homme en grand », la Cité a fonctionnellement vocation à être organique, mais elle n’est pas une réalité vivante autrement que par l’initiative des hommes qui instaurent des règles du jeu conflictuel intérieur à la cité : compétition loyale dans tous les domaines, économique en particulier, et finalisée par la recherche du plus grand bien qui est commun ; dans la société libérale, les règles du jeu supposées régir la compétition deviennent elles-mêmes enjeux de compétition, et l’on obtient la loi du plus fort, qui n’est pas une loi, et qui n’est pas un droit : le droit régit la force ; s’il se confond avec elle il ne régit plus rien, et s’il fait l’aveu de sa réduction à la force, une autre force est tout aussi légitime ; dans une société libérale, on cautionne d’avance, sans vouloir le savoir, la lutte des classes, l’insurrection des pauvres contre les riches, la lutte de l’ochlocratie contre l’oligarchie. Il est remarquable de constater que c’est la conception mécaniste de la raison qui induit la substantification de la société, et que c’est la conception métaphysique de la raison qui la maintient dans son statut naturel de simple tout d’ordre. Quand les réactionnaires bourgeois reprochent totalitarisme au fascisme, eux qui ont les yeux de Chimène pour le capitalisme, ils favorisent sans vouloir le savoir cette société « totalitaire » au sens où un tel vocable renvoie à la négation de la personne humaine et de toute intimité privée, à cette société qui se substantifie et qui aboutit logiquement à l’État mondial.
Le fascisme s’oppose aux internationales capitaliste et communiste, et leur préfère un « socialisme » national qui substitue la coopération entre classes à leur conflit.
Développons et illustrons par des citations ces divers points d’ordre plus volontiers économique.
« Pas de socialisme d’État ou d’autres socialismes quelconques, comme des observateurs superficiels pourraient le croire, parce que le Régime respecte et fait respecter la propriété privée ; parce qu’il reconnaît et fait reconnaître l’initiative privée, et qu’il se refuse aux expériences socialisantes, qui tournent d’ailleurs à la catastrophe ; pas même de libéralisme indifférent devant les coalitions des intérêts dont le choc, lorsqu’il n’est pas amorti, peut mettre en danger le bien-être et même la vie de la nation. » (La Doctrine du fascisme, Mussolini, p.12, Éditions du Trident, 1989).
« Dans les rapports entre l’économie et la nation, il n’y a qu’un facteur invariable, c’est la nation. Mais l’activité économique n’est pas un dogme et ne le sera jamais. Nous savons que le national-socialisme est l’adversaire le plus déterminé de la conception libérale, selon laquelle l’économie existe pour le capital, et la nation pour l’économie. Aussi avons- nous été résolus dès le premier jour à mettre un terme à cette idée fausse selon laquelle l’économie pourrait vivre dans l’État d’une vie libre, incontrôlable et incontrôlée. Il ne saurait plus y abandonnée entièrement à elle-même. Ce ne serait pas avoir aujourd’hui d’économie libre, c’est-à-dire d’économie seulement politiquement insupportable, il en résulterait aussi une situation économique impossible […] ». « L’État nouveau, lui non plus, ne veut pas être entrepreneur. Il se bornera à réglementer l’emploi de la force de travail de la nation dans la mesure où ce sera nécessaire pour le bien de tous. Et il ne surveillera le processus de travail qu’autant qu’il le faudra dans l’intérêt de tous les participants » (Hitler, Discours au Reichstag du 31 janvier 1937, cité par Johannes Ohquist, Le National-socialisme, Avallon 1989).
Henri Michel (p. 9, o. c.) déclare : « Il n’est pas question de collectivisation, ni de suppression du prolétariat, encore moins d’autogestion ». Mais l’État soumet les puissants à la loi commune, et des mesures sont prises pour améliorer la classe ouvrière. Les forces productives sont associées dans une économie corporative. Dans les corporations, les patrons, ouvriers, représentants de l’État siègent à égalité. L’économie est prise en charge par l’État, en tant qu’elle facilite la direction planifiée de la production et vise l’autarcie. Ce corporatisme rend possible la suppression des syndicats et de la grève.
Caractérisation positive du fascisme
En tentant de définir le fascisme positivement, on obtient les caractères suivants :
Le fascisme est nationaliste, il considère que la nation est une catégorie politique essentielle. La nation est à l’État comme la puissance est à l’acte, comme l’est la matière à l’égard de la forme. Or la forme incarnée est une même chose avec la matière informée. Donc ce qui se dit de l’État concret, historiquement réalisé, se dira aussi de la nation. Mais l’État est un « homme en grand », pour la raison suivante : il existe une causalité réciproque entre l’individu et la société à laquelle il appartient, puisque la Cité n’est que par les hommes qui s’inscrivent en elle, dans le moment où l’homme n’actualise son humanité que dans la Cité ; or la causalité réciproque entre deux termes signifie leur équivalence, à savoir leur identité, non pas à tous égards mai sous un certain rapport ; donc individu et Cité sont identiques sous un certain rapport ; ne pouvant l’être sous le rapport de leurs matières respectives (le corps de l’individu n’est pas le corps de la Cité), ils le sont analogiquement sous le rapport de leur forme ; ce qui est forme ou âme ou essence dans et de l’individu se projette dans la communauté sur le mode de forme étatique de la Cité. Mais on a vu que l’État incarné est la nation étatiquement informée. Donc la nation est bien la projection communautaire de la vie intérieure essentielle de chaque homme ; cela dit, aucune nation ne rassemble tous les hommes ; donc elle n’exprime l’essence de l’homme que selon un degré particulier d’actualisation de cette essence, ce qui définit une communauté nationale de destin. La raison première de la vie communautaire est bien le développement complet – qu’aucun homme ne peut faire – des potentialités de la nature humaine à l’intérieur d’une communauté de destin dont l’identité nationale, quoique non universelle, peut revendiquer une certaine valeur paradigmatique dès lors que, comme degré déterminé d’actuation de la nature humaine, cette dernière s’explicite tout entière, quoique non totalement, en chaque nation. Il en résulte que l’identité nationale, expressive d’une manière paradigmatique d’être homme, est intrinsèque à la chose politique. Que la nation n’ait de valeur que par rapport à l’objectivité d’une nature humaine universelle dont elle n’exprime qu’un aspect particulier, le fascisme non seulement ne le nie pas, mais il le revendique : dans ses « Entretiens avec Mussolini » (Milan, Mondadori, 1932, p. 199), E. Ludwig rapporte ce propos du Duce : « J’entends l’honneur des nations dans la contribution qu’elles ont fournie à la culture de l’humanité ». Parce que la nature humaine s’explicite tout entière quoique non totalement en chaque culture, en chaque ethnie, en chaque race, en chaque identité nationale, l’homme d’une culture et d’une nation reconnaît en une autre nation quelque aspect de la nature – commune à tous les hommes – qui palpite en lui mais qui, s’actualisant en la sienne selon une modalité qui n’est pas celle des autres, fait s’oblitérer en lui, ignorées de lui, toutes les autres manière d’être homme qu’illustrent les peuples autres que le sien. Il se reconnaît en d’autres cultures, éprouve pour elles du respect et de la reconnaissance, elles lui apprennent quelque chose sur lui-même. Cela dit, de ce que la nature humaine commune à tous s’actualise en chaque culture selon un degré d’actuation déterminé, toutes les cultures, commensurables, sont comparables et – pourquoi ne pas le reconnaître ? – se révèlent inégales. De ce que la nature du rapport entre nature et culture a été conceptualisée par la culture occidentale d’inspiration gréco-latine, le fascisme – lui-même, et ce n’est pas un hasard, produit par la pensée occidentale – reconnaît dans ce fonds ethnico-culturel commun à tous les peuples d’Europe la forme la plus élaborée, la plus humaine, d’expression de la nature humaine. Le nationalisme du fasciste n’est pas nominaliste ; il est universaliste. Ainsi un Thomas Sowell, sociologue afro-américain non démangé par le complexe d’une négritude haineuse et misérabiliste, put-il avoir la probité et l’intelligence de remercier publiquement Dieu d’avoir fait ses aïeux esclaves, parce que cela lui permit de devenir citoyen d’une grande nation après avoir échappé au zoo humain dominé par la diabolique tyrannie des féticheurs, des massacres intertribaux, terrassé par la peur quotidienne d’être dévoré comme jeteur de sort et sacrifié aux esprits, et d’avoir échappé au cannibalisme (hebdomadaire Rivarol n° 3430 du 24 juin 2000) ; l’attitude intellectuelle de Sowell, preuve de courage et d’intelligence, atteste sa conviction que les cultures ne sont pas égales. Et l’affirmation fasciste de cette supériorité occidentale invite le fasciste à reconnaître dans la réalité européenne une identité ethnico-culturelle, mais aussi religieuse, vouée à exercer le rôle de centre et de maître naturel du monde ; ce n’est là aucunement l’expression d’une volonté de puissance irrationnelle inspirée par l’orgueil. C’est un constat rationnel, et raisonnable, confirmé par le fait que les peuples non européens ont recours aux catégories conceptuelles occidentales pour formuler leurs propres revendications identitaires, et qu’ils n’aspirent à rien d’autre, sous couvert de se libérer des séquelles du colonialisme, qu’à imiter l’Occident, aussi bien dans ce qu’il a de pire que dans ce qu’il a de meilleur.
Réaction et résurrection
Parce qu’il est nationaliste, le fascisme cherche, nous expliquent nos historiens, ses modèles dans un passé intentionnellement mythique ; mais ils le font pour signifier qu’il
s’agit non d’un retour au passé comme tel, mais d’une référence à une perfection intemporelle qu’il s’agit de réincarner : la latinité, la germanité, l’hispanité, l’hellénisme, la francité etc. « Tout fascisme est réaction par rapport au présent et toute réaction fasciste est résurrection » (Maurice Bardèche, « Qu’est-ce que le fascisme ? », Les Sept Couleurs, 1970, p. 175). Dans cet âge d’or, la nation était pure de tout élément étranger ; il convient donc méthodologiquement d’être raciste, xénophobe et antisémite au moins aussi longtemps qu’il est nécessaire de l’être pour écarter tout ce qui compromet cette reviviscence qui est réinvention au double sens de redécouverte et de recréation, ainsi pour faire recouvrer à un pays son identité nationale. Dans cette période de recouvrement de l’identité nationale, peuple, nation et race tendent à s’identifier. Le racisme comme doctrine est plus un instrument de combat qu’un principe théorique absolu ; même Hitler ne croyait pas au mythe de la race nordique dont s’était emparé Alfred Rosenberg revendiquant le droit de la race des seigneurs à l’espace vital et prétendant que le christianisme serait étranger à la germanité ; Hitler ne croyait même pas à l’existence d’une race juive : « Nous parlons de race par commodité de langage, car il n’y a pas, à proprement parler, et du point de vue de la génétique, une race juive. Il existe toutefois une réalité de fait à laquelle, sans la moindre hésitation, l’on peut accorder cette qualification et qui est admise par les Juifs eux-mêmes. C’est l’existence d’un groupe humain spirituellement homogène dont les Juifs de toutes les parties du monde ont conscience de faire partie, quels que soient les pays dont, administrativement, ils sont les ressortissants. C’est ce groupe humain que nous appelons la race juive […] La race juive est avant tout une race mentale » (Éditions du Trident, Testament d’Adolf Hitler, p. 36)
Ces déterminations (peuple, État, nation, race) sont en soi distinctes mais, dans l’effort de réinventer l’identité nationale, on se place dans la position de son être en puissance pour la réactualiser ; or tout ce qui relève de l’être en puissance fait s’identifier entre elles les déterminations distinctes en lesquelles s’actualise cette puissance. Et « race » ne prétend pas à la pureté d’une race animale, mais à cette homogénéité biologique requise par la pérennité de l’intégrité d’une culture. La race n’a valeur que de cause matérielle, sans plus, mais pas moins.
Le fascisme est impérialiste
Le fascisme est ambitieux. Il existe toujours, nous disent encore nos historiens, quelque traité qu’il veut réviser pour retrouver des terres perdues ou revendiquées. Il est impérialiste, s’appuie sur l’armée et les anciens combattants, ridiculise le pacifisme bêlant, exalte le soldat, l’aventure, le risque, la lutte. Renonçant aux grands marchés qui supposent le mondialisme économique, il tend à l’autarcie relative, mais par là il est plus soucieux qu’un régime libéral des conditions de sa survie qui lui sont offertes par un accroissement de territoires, parce qu’il refuse l’interdépendance économique toujours porteuse de dépendance politique et de dilution du destin national.
L’économisme, c’est-à-dire l’économie déconnectée de l’intérêt politique auquel elle est en droit soumise, c’est la pathologie sociale consistant à transposer dans l’élément des échanges marchands l’instinct belliqueux de l’homme, en croyant, ce faisant, conjurer les horreurs de la guerre. Rien n’est plus spécieux :
Si le Politique se subordonne à l’économie, il accepte de régler ses différends avec autrui par la voie de la guerre. Au reste, aujourd’hui, selon la logique du libéralisme capitaliste, il y a interdépendance complète entre les nations (ou ce qui en reste) au profit de ce qui sera peut-être un État mondial, mais qui n’est toujours aujourd’hui que l’État des États-Unis, lesquels, par leur État profond, tiennent lieu d’État mondial ; or ils ne s’assurent de leur hégémonie économique que par la menace des armes : qu’on se souvienne du « pacte du Quincy » de 1945, des attaques de l’Irak et de la Lybie, etc. Depuis 1948, les États-Unis se sont livrés à plus de 200 opérations de guerre dans le monde ; en 2002, le budget militaire annuel des États-Unis était 2,3 fois supérieur à celui constitué par ceux de la Russie, de la France et de l’Angleterre. Le système tient parce que toutes les nations capitalistes libérales sont aux mains des classes possédantes qui ont tout à gagner aux entreprises belliqueuses de l’administration américaine ; en fait, on se demande parfois si c’est le mondialisme qui se subordonne les États-Unis dont il est l’État profond (la finance purement fiduciaire a besoin d’un État doté d’une administration et d’une industrie, et surtout d’une armée pour garantir la valeur des signes monétaires) ou si ce sont les États-Unis qui se subordonnent la mentalité mondialiste et les intérêts de la Finance ou mondialisme bancaire, pour accéder à la domination sans partage sur le monde. Quoi qu’il en soit, un monde unipolaire régenté par l’économie, fût-elle soutenue par l’armée, aboutit au mondialisme qui substantifie la société mondiale et réduit l’individu à un accident du tout social, ce qui induit le collectivisme. En effet, une société libérale pure suppose – nous l’avons déjà dit – que la recherche égoïste par chacun de son intérêt propre induit l’intérêt général, mais cela même suppose que la vie de la partie soit immédiatement – ainsi sans la médiation d’une organisation politique du travail – la vie du tout, ce qui exige que la société soit substance. Un monde multipolaire faisant coexister des États autarciques est en état naturel de guerre possible, puisque la guerre est l’ultime moyen de régler les différends entre parties qui refusent de s’intégrer dans un tout mondial, mais ce risque de guerre définit le Politique, comme l’a montré Carl Schmitt : est souverain celui qui décide de la situation d’exception ; la situation d’exception maximale est la déclaration de guerre ; il y a souveraineté seulement s’il y a acceptation du risque de la guerre. Vouloir un monde qui exclut la guerre et qui prétend la conjurer en absolutisant le commerce revient à instaurer l’État mondial qui déifie l’homme, mais qui par là instaure la situation irréversible d’une tyrannie consommée de tous sur tous, ainsi qui fait de la haine et de la violence le constitutif formel de sa fondation. Nous l’avons montré plus haut : la vraie paix a la forme d’une victoire sur la possibilité de la guerre. Supprimer cette possibilité, c’est rendre la guerre universelle et réelle sans retour. Le fascisme ne croit pas à la possibilité et à l’utilité d’une paix perpétuelle, il repousse le pacifisme, la guerre porte au maximum de tension toutes les énergies humaines. « Me ne frego », orgueilleuse devise des sections d’assaut, écrite sur le pansement d’une blessure, « n’est pas seulement une profession de vie stoïque et le résumé d’une doctrine purement politique ; c’est l’entraînement à la lutte, l’acceptation des risques qu’elle comporte ; c’est un style nouveau de vie italienne. C’est pourquoi le fascisme accepte, aime la vie, ignore le suicide et y voit une lâcheté ; c’est pourquoi il comprend la vie comme un devoir […] » (La Doctrine du fascisme, Mussolini, Éditions du Trident 1987, pp. 28-29).
Le régime fasciste est autoritaire et fort, centralisateur, opposé aux régionalismes séparatistes, fait prévaloir l’intérêt collectif sur les individus. La notion de salut public tend, nous dit-on encore, à supplanter la légalité, et le fascisme se révèle tel un régime de dictature qui conjugue les appareils de l’État et l’idéologie. En fait, ajouterons-nous, il accomplit sans se cacher ce que toutes les démocraties font sous couvert de neutralité et
de légalité.
L’État fort s’incarne dans un chef providentiel, charismatique, sauveur de la nation, jailli de la masse. Le « Führer-Prinzip » est réalisé à tous les échelons de la société. L’intermédiaire entre le chef et le peuple est le parti unique. Il est bien nommé « parti », quelque chose de particulier, entre la singularité du chef cristallisant la volonté objective de la multitude, et l’universalité des volontés singulières. Il est ainsi l’élite de la nation, son aristocratie, et le lieu de son renouvellement. Il est cela en droit, il ne le fut pas toujours en fait ; le fascisme n’eut pas le temps de se dégager du mode de fonctionnement propre à la période de sa genèse, quand il fallait composer avec les appuis qu’il n’aurait pas choisis s’il avait été plus installé ; l’hommerie est indéracinable ici-bas, même chez les fascistes ; la différence entre eux et les autres, c’est qu’ils le savent, et savent agir en conséquence.
Le pouvoir vient toujours d’en haut :
« Après le socialisme, le fascisme bat en brèche tout l’ensemble des idéologies démocratiques et les repousse, tant dans leurs prémisses théoriques que dans leurs applications pratiques. Le fascisme nie que le nombre, par le seul fait d’être le nombre, puisse diriger la société humaine ; il nie que ce nombre puisse gouverner, au moyen d’une consultation périodique ; il affirme l’inégalité irrémédiable, féconde et bienfaisante des hommes, qui ne peuvent devenir égaux par un fait mécanique et extrinsèque tel que le suffrage universel. On peut définir ainsi les régimes démocratiques : ceux dans lesquels on donne de temps en temps au peuple l’illusion d’être souverain, alors que la souveraineté véritable et effective réside en d’autres forces, parfois irresponsables et secrètes. La démocratie est un régime sans roi, mais avec de très nombreux rois parfois plus exclusifs, plus tyranniques et plus ruineux qu’un seul roi qui serait un tyran. » (Mussolini, Doctrine du fascisme, Éditions du Trident, 1987 p. 33).
Des observations de nos historiens, nous retiendrons ce fait qu’en effet, le caractère volontiers belliqueux du fascisme, joint à son nationalisme, le dispose à chercher querelle à ses voisins, mêmes fascistes, pour augmenter son territoire en revendiquant une ancienne possession territoriale. Et cela nous paraît fâcheux, du point de vue même des intérêts du fascisme. Cela nous dispose à penser que le fascisme comme vision du monde est cohérent seulement moyennant l’acceptation du principe de l’Empire, incarné par une nation fasciste, fédérant les autres nations en vue d’un bien commun supranational.
Volonté objective, volonté générale.
Puisqu’il fut question à l’instant de « volonté objective », une précision s’impose. Il y a bien commun seulement si ce bien est le bien du tout pris comme tout (la victoire de l’armée) et la partie la plus précieuse du bien particulier (celle à laquelle sont ordonnées les autres parties de ce bien : l’avancement du soldat est subordonné à la victoire), car c’est alors seulement que le bien est aimé et servi pour lui-même par la partie, par chaque homme qui l’aime en se rapportant à lui, ainsi en le voulant comme commun, comme étant aussi le bien d’un autre, comme excluant d’être le bien privé d’un seul particulier. En tant qu’il est aimé comme rapporté à celui qui l’aime, un bien ne contient pas analytiquement l’exigence d’être communiqué à d’autres, et en retour un bien qui exige d’être communiqué à d’autres ne peut être aimé comme étant rapporté à celui qui le convoite. Mais qu’un bien soit aimé tel un bien que l’on sert, et non tel un bien dont on se sert, cela exige qu’un tel bien se veuille en ceux qui l’aiment. Dans ces conditions, il doit exister une volonté du bien (le bien se voulant) immanente aux volontés particulières, et ce ne peut être que la nature ou essence du vouloir propre à la nature humaine dont chaque particulier est une particularisation. Que l’essence du vouloir, ou vouloir de l’espèce, soit immanente aux volontés particulières, cela signifie qu’il existe une volonté générale, volonté du tout pris comme tout, qui s’anticipe en droit – sinon en fait – en chaque volonté individuelle. Il y a donc bien commun seulement si l’on adopte le concept de volonté générale, laquelle, sans cesser d’être immanente à la volonté des sujets ou citoyens, accède à la conscience raisonnée d’elle-même dans l’esprit du roi ou chef. Seul le fascisme propose un tel concept à toute distance de celui, irrecevable, de Rousseau :
« Sa volonté n’est pas la volonté subjective, individuelle d’un homme pour soi, mais en elle s’incarne la volonté commune du peuple comme donnée historique objective. La volonté qui se forme dans le Führer n’est pas volonté personnelle d’un individu, mais la volonté générale d’une communauté. Une telle volonté générale n’est pas une fiction, à la différence de la prétendue « volonté générale » de la démocratie, mais elle est une réalité politique qui trouve son expression dans le Führer. » (Ernst Rudolf Huber, juriste allemand disciple de Carl Schmitt, Verfassungsrecht des Großdeutschen Reiches, (Droit constitutionnel du grand Reich allemand), 2ème édition, Hambourg, Hanseatische Verlangsanhalt, 1939, p. 195-196).
De même : « Anti-individualiste, la conception fasciste est pour l’État, et elle est pour l’individu, en tant que celui-ci s’harmonise avec l’État, conscience et volonté universelle de l’homme dans son existence historique. » (La Doctrine du fascisme, Mussolini, Éditions du Trident 1987 p. 15).
Il y a dans cette notion de volonté générale, selon nous, quelque chose d’essentiel dont aucune philosophie du bien commun ne peut faire l’économie, quelque dangereux qu’en soit l’usage : son adultération est mortelle pour la société puisqu’elle produit le totalitarisme démocratique, tyrannie de tous sur tous passionnément plébiscitée par tous. Une telle notion est essentielle parce qu’elle désigne, l’instance vicariante, dans un tout d’ordre qui n’est pas substance, de ce qui est âme dans une substance vivante ; cette instance vicariante fait que la Cité peut être tenue pour fonctionnellement substance sans aucunement l’être entitativement ; elle doit l’être fonctionnellement pour que le tout ait raison de fin pour la partie ; elle ne doit pas l’être entitativement, pour que le tout n’ait pas raison de fin dernière de la partie car alors, comme on l’a vu en expliquant la génèse de l’État mondial, par un retournement dialectique infernal, c’est l’individu qui devient fin dernière. Et la volonté générale comprise en son acception fasciste n’est aucunement une concession faite à l’esprit rousseauiste, comme le prétendent les détracteurs maurrassiens ou réactionnaires du fascisme. Elle est ce concept que les réactionnaires d’aujourd’hui auraient dû élaborer pour ne point périr, et dont se sont emparés, en le travestissant, leurs fossoyeurs. Évidemment, il est moins difficile de faire un procès d’intention aux fascistes qui leur rappellent leurs devoirs et soulignent leur impéritie que de faire amende honorable et de se réformer en reconnaissant sa responsabilité dans la victoire des ennemis de l’ordre des choses. L’âme est immanente à chaque partie du corps, elle est tout entière en chacune bien que n’y étant pas totalement puisqu’elle est aussi dans les autres. Elle est ce qui fait que chaque partie vit de la vie du tout qui, principe d’unité de toutes les parties, est aussi principe de l’unité de chaque partie, par là destine chaque partie à servir et à aimer le tout comme sa fin. Ce qui est la définition du service du bien commun ; et la volonté générale est bien immanente à chaque partie sans cesser d’être le principe d’unité du tout puisqu’elle est aussi la volonté du chef, conscience de soi du tout. Il n’y a pas de bien commun s’il n’y a pas de volonté générale. Là encore, c’est le fascisme qui l’a rappelé dans les faits, et lui seul.
Sur cette question de la « volonté générale », comme sur d’autres ici abordées pourtant sans pulsion de témérité, nous sommes sans illusion. S’efforcer à établir qu’il est dans la logique du fascisme, du nationalisme, de l’organicité, de réhabiliter ce terme de volonté générale dont un Jean-Jacques Rousseau s’était emparé pour développer une conception artificialiste de la Société supposée reposer sur un contrat, c’est s’offrir immanquablement au procès d’intention suivant : quiconque reprend le mot reprend la chose, donc le fascisme est un rejeton du jacobinisme, du rousseauisme et de l’esprit démocratique ; l’organicité est le cache-sexe du totalitarisme etc. Pour nous, « volonté générale » dit « volonté objective » immanente à la multitude, mais accédant à la conscience d’elle-même, comme réduction à l’acte d’un vouloir qui n’est efficient et porteur d’autorité que s’il est singulier, seulement dans le responsable politique parfaitement habilité à s’opposer aux égoïsmes catégoriels, aux déviations morales, aux erreurs de vision politique des gouvernés ; cette volonté objective est expressive de la nature de la volonté, et non de l’arbitraire des volitions ; elle définit ce que veut la raison qui sommeille en tout homme, et qui, sans l’intervention d’un chef, ne s’éveille guère que pour errer ; et un tel chef se veut lui-même le porte-parole d’une vérité objective qui ne dépend pas des suffrages et qui s’enracine dans un ordre des choses expressif, en dernier ressort, de la volonté divine. »
Jean-Jacques Stormay, Doctrine du Fascisme Catholique en abrégé (Page 66)
« Est nationaliste la doctrine politique qui reconnaît le bien commun de la cité, cause finale du Politique, le service du déploiement hiérarchisé de cet « homme en grand » qu’est l’incarnation nationale de la nature humaine. Et le fascisme, pris dans son acceptation générique (organisation de la Cité en faisceaux), n’est autre que la rationalisation du sentiment national, c’est-à-dire l’incarnation étatique du nationalisme. »
Jean-Jacques Stormay, Le combat d’aujourd’hui et l’État de demain (Pages 42-44)
« Il faut bien comprendre que la conception de la vie politique induite par la doctrine du fascisme catholique est une invitation à l’héroïsme si l’on peut dire ordinaire, à l’abnégation, au don de soi : le héros n’est pas la condition de l’homme d’exception, elle est celle de l’homme normal ; par là, cette vie politique adopte une conception du bonheur qui est anti-hédoniste, anticonsumériste, anti-individualiste, et qui fait de l’héroïsme – tenu couramment pour un comportement lié à des situations rares – un état intériorisé, telle une seconde nature, de la vie du citoyen ; un tel citoyen n’aime pas la vie facile, le confort, ou plutôt il se fait un devoir et un honneur permanents de ne constater leur appétibilité et de ne les goûter que pour s’en arracher afin de se réserver pour des biens meilleurs. Le vrai bonheur est pour lui ce qui donne sens à l’existence, ce qui la rend intelligible et finalisée, dotée d’une raison d’être qui la justifie en conjurant l’absurde. Mais cette manière de vivre son désir de vivre et de jouir est un changement radical par rapport à la conception que l’on se fait usuellement du bonheur, qui dit en général l’absence d’effort et de lutte, d’inquiétude et de mise en question de soi-même, et qui se résout dans le collapsus mortifère des énergies belliqueuses. Il s’agit, pour le fasciste catholique, non plus d’aimer les biens que l’on rapporte à soi, mais de chérir et de rechercher ceux auxquels on se rapporte, n’aimant les premiers que pour accéder aux seconds. Un tel désir ne fait pas du moi qui l’éprouve la fin de son exercice ; le moi, bien au contraire, reconnaît en ce désir l’énergie par laquelle il se rapporte à ce qu’il tient pour meilleur et plus essentiel que soi-même, et il apprend à tenir ce à quoi il se veut rapporté pour le meilleur de son bien propre ; or tel est le bien commun célébré dans la vie politique. C’est cette disposition d’esprit, c’est cette manière de désirer qui, seules, font aimer l’obéissance et l’inégalité, et l’effort et l’oubli du moi haïssable : il faut que tous, quel que soit le rang social de chacun, quels que soient ses talents, soient et se sachent également nécessaires à l’œuvre commune, à cette œuvre dont ils sont les pierres vivantes, dès lors que le tout s’anticipe tout entier, quoique non totalement, en chacun d’eux et en chacune des fonctions qu’ils exercent. Telle est l’insubstituable vertu attachée à la conception de la société organisée en faisceaux, qui seule promeut le véritable bien commun, cause finale et/ou raison d’être de la vie politique elle-même. Quand le réparateur d’ascenseurs, quand le manutentionnaire, quand l’employé de bureau, quand l’éboueur savent que ce qu’ils font ne se contente pas de leur fournir leur pitance et de satisfaire les besoins hédonistes de ceux qui les paient et les dominent socialement, mais contribue au bien commun qui assume en les dépassant tous les biens de la vie sociale, alors leur travail, quelque peu gratifiant qu’il soit par la pauvreté des talents qu’il convoque, se révèle, à leurs yeux et aux yeux de tous, gratifié d’une dignité attachée au service de ce qui requiert les plus hautes tâches, et il est en quelque sorte déjà moralement récompensé par l’honneur de servir la plus haute vocation qu’il lui soit donné de servir, dans l’ordre naturel, en cette vie mondaine. »
Joseph Mérel, Fascisme et Monarchie
« Au sens étroit, le fascisme est une doctrine politique proprement italienne.
Au sens large, une tentative européenne, personnalisée par le génie des nations qui ont essayé de le promouvoir. C’est une tentative européenne de refonder l’Ordre d’ancien régime avant la grande cassure de 1789, mais en évitant de reproduire les travers qui ont précipité sa chute. Il s’agissait donc de refonder une société proprement organiciste et de refonder une aristocratie. »
Généralités
Joseph Mérel, Comme un agneau muet
« Force est de proclamer que le souci fasciste de réhabilitation de l’ordre naturel a objectivement servi les intérêts de l’Église plus sûrement que les politiques bien-pensantes se réclamant du Christianisme. C’est là un constat plus actuel que jamais, en notre temps qui voit se consommer les ultimes conséquences mondialistes de la « victoire » de 1945, tragique défaite de la race blanche et de la chrétienté. »
Oswald Mosley, Du fascisme au nationalisme européen (Pages 33-34)
« D’une part vous trouvez dans le fascisme, prise dans le christianisme, prise directement dans la conception chrétienne, l’immense vision du service, de l’abnégation, du sacrifice de soi à la cause des autres, à la cause du monde, à la cause de votre pays : pas l’élimination de l’individu, mais plutôt la fusion de l’individu dans quelque chose de bien plus grand que lui-même, et vous avez la doctrine de base du fascisme : service, oubli de soi devant ce que le fasciste doit concevoir comme la plus grande cause et la plus grande impulsion dans le monde. »
Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique
« Le meilleur gouvernement est celui d’un seul chef. »
Giovanni Gentile, Qu’est-ce que le fascisme ?
« On ne peut être fasciste en politique et ne pas l’être… à l’école, dans sa famille, au travail. De même, le catholique, s’il est catholique, investit toute sa vie de son sentiment religieux : il parle et travaille, ou reste immobile, pense et médite… en catholique. De même, le fasciste – qu’il siège au Parlement ou reste membre de son association locale, qu’il écrive dans les journaux ou les lise, qu’il subvienne à ses besoins ou dialogue avec les autres, qu’il se tourne vers l’avenir ou se souvient de son passé et de celui de son peuple – doit toujours se rappeler qu’il est fasciste !
Ainsi se révèle ce qui constitue véritablement le trait distinctif du fascisme : prendre la vie au sérieux. La vie est labeur, effort, sacrifice et dur labeur ; c’est une vie où nous savons pertinemment qu’il n’y a pas de plaisir. Il n’y a pas de temps pour le plaisir. Devant nous se trouve toujours l’idéal à réaliser, un idéal qui ne nous laisse aucun répit. Nous ne pouvons pas perdre de temps. Même endormis, nous sommes responsables des talents qui nous ont été donnés… »
Abbé Meinvielle, Conception catholique de la politique
« Le fascisme, dans sa réalisation concrète, n’est autre que la réaction qui peut être saine, et même catholique, selon l’ambiance dans laquelle elle se développe. »
Benito Mussolini, La Doctrine du fascisme (Pages 46-47)
« L’État fasciste ne reste indifférent ni en face du fait religieux en général, ni en face de cette religion positive particulière qu’est le catholicisme italien. L’État n’a pas une théologie, mais il a une morale. Dans L’État fasciste, la religion est considérée comme une des manifestations les plus profondes de l’esprit et, en conséquence, elle est non seulement respectée mais aussi défendue et protégée. L’État fasciste ne se crée pas un « Dieu » particulier comme Robespierre a voulu le faire, un jour, dans l’extrême délire de la Convention ; il ne cherche pas non plus vainement à l’effacer des âmes, ainsi que le bolchevisme. Le fascisme respecte le Dieu des ascètes, des saints, des héros et même le Dieu que voit et prie le cœur ingénu et primitif du peuple. »
Maurice Bardèche, Qu’est-ce que le fascisme ? (Page 147)
« Le fascisme, c’est une civilisation qui reparaît. »
Joseph Mérel, Fascisme et Monarchie (Page 32)
« On voit bien que le fascisme n’est pas une exaltation étroitement nationaliste, fondée sur une conception nominaliste, historiciste et relativiste de la nation, du particulier, du moi individuel démultiplié dans un moi collectif. Le fascisme n’est pas un individualisme des peuples, une complaisance narcissique en forme collective dans le culte de soi-même. Le fascisme est un universalisme fondé sur la reconnaissance de valeurs morales objectives induites par une nature humaine identique en tout homme. Mais il appartient à cette nature, parce qu’elle est une cause métaphysique réelle et non un simple être de raison ou un idéal vide, de se particulariser dans des peuples, des nations, des manières d’être homme. Selon un processus circulaire, la nature humaine est en retour explicitée, à travers elles qui la réfléchissent plus ou moins parfaitement et révèlent par là son caractère spirituel, dans des cultures et des destins politiques historiquement particuliers mais à vocation universelle. La nature humaine, norme immanente de la personne et cause à la fois efficiente et finale de ses activités, se réfléchit ontologiquement dans la particularité des peuples qui la restituent à elle-même spirituellement. On est loin des « valeurs » de la Révolution française, expression fanatique du subjectivisme et de l’individualisme terroriste. »
Pierre Trépanier, Rivarol n°3526 (6 juillet 2022)
« Le fascisme repose au cimetière des idéologies vaincues. Mais une crise, une réaction violente contre la décadence de la France, de l’Allemagne, de l’Europe, de l’Occident, du monde blanc, peut le ressusciter, à la condition qu’un travail doctrinal n’ait jamais cessé d’armer les intelligences et les volontés. Il faut tenir devant l’esprit à la fois la vérité spéculative et les conditions de l’efficacité politique. Cela suppose un examen critique des fascismes historiques, qu’il ne s’agit pas de reproduire à l’identique, relever leurs fautes, leur déraison, leur délire même, affronter les objections qu’ils soulèvent, mettre en pleine lumière la justesse de leur projet et les ébauches de réalisation que l’histoire a enregistrées. L’intention est de dégager de l’expérience du fascisme italien et du national-socialisme allemand « ce qui paraît intemporellement valable et tout particulièrement apte à être appliqué au « jour d’après » la crise » pour instaurer un fascisme renouvelé et salvateur. C’est alors que triomphera le fascisme, s’il doit un jour triompher. »
Herman de Vries de Heekelingen, Le fascisme et ses résultats (Pages 27-30)
« Les intérêts des catholiques et des fascistes se confondent en grande partie. De ce fait, ceux-là ont obtenu sous le gouvernement de ceux-ci beaucoup plus que, jamais, ils n’auraient osé espérer. Les Italiens étaient, il y a sept ans, bien loin d’entrevoir la possibilité d’un gouvernement tenant compte des intérêts de l’Église, et l’on s’étonne qu’il soit possible qu’il y ait encore toujours des catholiques, si fortement imbus des anciennes idées sur le parlementarisme, la démocratie, la liberté, qu’ils ne se rendent pas compte de l’intérêt qu’il y a pour eux à se ranger sous la bannière fasciste. Ils fortifieraient l’élément religieux et croyant et ils témoigneraient ainsi à Mussolini leur gratitude pour tout ce qu’il a fait jusqu’ici en faveur du catholicisme.
Que demandait, en effet, le programme populaire avant l’ère fasciste ?
Les populaires demandaient le l’établissement de l’enseignement religieux obligatoire dans les écoles. C’est le gouvernement fasciste qui l’a rétabli.
Les populaires demandaient le bénéfice de l’examen d’État pour l’enseignement catholique secondaire. C’est le gouvernement fasciste qui l’a accordé, non seulement pour l’enseignement secondaire, mais aussi pour l’enseignement supérieur et pour les universités catholiques.
Les populaires demandaient la réintroduction du crucifix dans les écoles. C’est le gouvernement fasciste qui l’a replacé dans les écoles, dans les tribunaux et même dans l’enceinte du Parlement.
Les populaires demandaient qu’on écarte le danger d’une législation favorable au divorce. C’est le gouvernement fasciste qui a écarté ce danger en proclamant la nécessité sociale de l’indissolubilité du mariage.
Les populaires demandaient l’augmentation des revenus dérisoires du clergé. Tandis qu’ailleurs le clergé est souvent réduit à la misère, les prêtres italiens ont vu doubler leurs émoluments par le gouvernement fasciste.
Les populaires demandaient l’abolition de l’Exequatur et du Placet. Le gouvernement fasciste a déjà préparé un projet de loi dans ce sens.
Les populaires demandaient l’attribution de la personnalité juridique aux couvents et aux congrégations. Un projet de loi a été préparé également.
Les populaires demandaient l’attribution de la personnalité civile aux corporations religieuses. Ceci aussi le gouvernement fasciste est prêt à l’accorder.
Les populaires demandaient que les séminaristes fussent exempts du service militaire. C’est le gouvernement fasciste qui les a libérés.
Les populaires demandaient le rétablissement de l’assistance religieuse dans l’armée, abolie depuis plus d’un demi siècle. Le gouvernement fasciste a nommé des aumôniers militaires dans l’armée de terre, de mer et de l’air, sous la juridiction évêque militaire avec le rang de général.
Les populaires demandaient que le gouvernement reconnaisse les fêtes religieuses. C’est le gouvernement fasciste qui les a reconnues presque intégralement. L’on se souvient encore que Mussolini a fait déclarer fête nationale le 4 octobre 1926, septième centenaire de la mort de saint François d’Assise, prouvant ainsi qu’en Italie l’époque est passée où le fait d’être un saint de l’Église était un obstacle pour être une des gloires de sa patrie.
Les populaires demandaient l’interdiction de la propagande maçonnique, de la propagande immorale, irréligieuse, antipatriotique. C’est le gouvernement fasciste qui l’a interdite en limitant la liberté de la presse. »
Charles Danten, Requiem pour la bête (Pages 125-137)
« Le terme « fascisme » est dérivé du mot italien fascio, qui veut « le groupe », ou plus spécifiquement « en considération du groupe ». Dans ce système politique, les individus sont appelés à concilier leurs besoins individuels et les besoins du groupe (leur nation). Tous leurs actes doivent être jugés en fonction de leurs conséquences sur la collectivité. Dit autrement, le fascisme rejette la mentalité égoïste du « moi d’abord » et « après moi le néant » si fréquente dans le capitalisme. On s’attend donc à ce que chaque personne vive sainement pour ne pas tomber sérieusement malade et augmenter le fardeau collectif. On encourage dès lors les gens à bien s’alimenter, à faire de l’exercice et à éviter les excès en tout genre. C’est l’essence même du fascisme : l’individualisme tempéré par une forte considération pour les besoins du groupe. Il existe différentes saveurs de fascismes, mais elles ont toutes en commun les points suivants :
Système économique
Dans le fascisme, le gouvernement joue un rôle central dans la supervision des activités bancaires, du commerce, de la production et du marché du travail. Cette surveillance n’a qu’un seul but : voir au bien commun et à la sécurité de la nation. Les gouvernements autoritaires de ce type sont donc un moyen vers une fin, c’est-à-dire les intérêts de la nation et de son peuple plutôt que les intérêts des élites au pouvoir et des oligarques qui les manipulent comme c’est le cas dans une démocratie.
L’axiome suivant est absolument non négociable : le gouvernement n’approuve aucune activité commerciale qui n’a pas un effet positif sur la nation au complet ainsi que ses habitants. Par « effet positif », il faut comprendre : Cette entreprise est-elle bonne pour les travailleurs ? Paie-t-elle un salaire équitable ? Fabrique-t-elle un produit ou procure-t-elle un service qui contribuent au bien-être de la population et à faire progresser la nation technologiquement, moralement et spirituellement ?
Dans un tel système, la pornographie, par exemple, serait interdite, car elle corrompt les gens, exploite et avilit, en particulier les femmes. De même, les accords de libre-échange comme le Traité transatlantique seraient proscrits à jamais parce que ce genre d’accord délocalise les industries dans les pays où la main-d’œuvre ne coûte rien, ce qui a pour effet de nuire considérablement à la main-d’œuvre locale.
Le fascisme s’appuie par ailleurs sur l’entreprise libre avec une seule contrainte : Cette activité profite-t-elle à la nation et au peuple ? À l’intérieur de cette balise, le gouvernement n’a aucune objection à ce qu’un homme d’affaires s’enrichisse contrairement au communisme fondamentalement contre la fortune personnelle, du moins en théorie car on sait aujourd’hui qu’en URSS les hommes d’affaires faisaient fortune et que les élites judéo-bolcheviques vivaient la vie de pacha pendant que le peuple croupissait dans la misère et les privations. La propriété privée est en outre permise contrairement au communisme où elle est interdite. Pour le dire autrement, si vous êtes un entrepreneur, allez-y, démarrez autant d’entreprises que vous voulez, enrichissez-vous, ayez du succès, mais ne produisez aucun produit ou service qui pourrait faire du tort à la nation et à son peuple ; assurez-vous par ailleurs que vos ouvriers sont bien traités et qu’ils sont payés un salaire qui leur permet de vivre décemment. Sinon, nous mettrons fin à vos activités.
Dans un système fasciste, les employeurs et les employés sont unis contre le communisme et le capitalisme. Sous Hitler, par exemple, le national-socialisme a en effet souligné le principe que les travailleurs et les employeurs sont faits pour être ensemble en tant qu’entité unie et qu’ils ne doivent pas être agités ni montés les uns contre les autres, contrairement au système capitaliste d’aujourd’hui. Les syndicats et la grève, il va sans dire, sont interdits. Tout cela est bien expliqué par Friedrich Kurreck, un ingénieur allemand rescapé de la dénazification massive que l’Allemagne a subie après la guerre :
« Que peut faire un employeur avec des inventions et des idées toutes meilleures les unes que les autres, s’il n’a pas d’ouvriers dans son atelier pour les produire ? Rien ! Et vice versa : que peut faire un très bon travailleur, s’il n’a pas d’employeur dont les décisions d’affaires peuvent lui fournir la technologie moderne ? Rien ! Le principe est que ceux qui travaillent avec leur tête et leurs mains forment une équipe avec des employeurs soucieux de l’intérêt national. »
Les banques
Dans un système fasciste, l’usure est interdite. Le gouvernement contrôle de près tous les aspects de la politique monétaire, y compris les prêts. C’est le gouvernement qui imprime la monnaie, et qui la prête sans intérêts contrairement à une démocratie où les banques privées appartenant à des étrangers impriment la monnaie, contrôlent la politique monétaire et accordent des prêts à des taux d’intérêt usuraires qui finissent par endetter les nations irrémédiablement. Les nationaux-socialistes pratiquaient aussi le troc à grande échelle afin d’éviter de devenir les esclaves du prêt à intérêt des banquiers cosmopolites. Cette méthode commerciale était naturellement une épine dans le pied des banquiers juifs anglo-américains, car ils ne pouvaient plus exploiter les Allemands. Une extrême agitation contre l’Allemagne en fut le résultat.
Aspects culturels et sociaux
Afin que tout soit propre et respectable, afin de maintenir un standard de moralité élevé, de cultiver le sens de l’honneur et un patriotisme ardent, afin de prévenir la dissémination de saletés pouvant corrompre et dépraver la société, le gouvernement fasciste surveille étroitement les films, le théâtre, l’art, la littérature, la musique, l’éducation, les organismes non gouvernementaux, les groupes de réflexions, etc. Dans un régime autoritaire, les ONG et les oligarques comme George Sorros seraient incapables de poursuivre leurs activités subversives.
La condition féminine
Dans le fascisme, les femmes sont très respectées. En tant que porteuse d’une future vie, on s’attend à ce qu’elles soient bien éduquées et cultivées. Elles sont encouragées à poursuivre leurs intérêts et à faire carrière, mais uniquement si ça n’interfère pas avec les besoins de leur famille. La famille passe donc en premier, en tout temps. On les encourage à être fortes, mais féminines. Dans l’art fasciste, les femmes sont dépeintes en héroïnes ou comme de quasi-déesses.
La politique
Dans le fascisme, les députés qui siègent au parlement sont choisis par le peuple d’après leurs qualités intrinsèques : intelligence, dévouement, réalisations passées, capacité de travail et d’organisation, honnêteté, et non pas d’après leur appartenance à un parti. Les députés élus mettent leurs qualités au service de la nation, s’attachent, dans le recueillement, à l’étude, à la discussion et à l’élaboration des lois, aident le gouvernement de leurs critiques et de leurs suggestions, au lieu de lui mettre des bâtons dans les roues ou de se lancer des insultes ou des boules de papier à la figure. Les ministres sont choisis par le chef de l’État parmi les meilleurs entre les meilleurs et non pas par souci de parité. Ils s’efforcent de gouverner dans l’intérêt général du pays, et non dans l’intérêt d’une poignée de ploutocrates qui les a fait élire grâce à des campagnes électorales savamment planifiées par des professionnels de la manipulation publique. Le chef de l’État n’est pas l’élu d’un parti, mais le digne représentant de la nation, plébiscité et respecté par tous les citoyens. Il est au service de la nation au complet. Et contrairement à une démocratie, les représentants de la nation sont directement responsables de leurs actions. Leur but n’est pas de diviser la nation, mais de l’unir et de l’enrichir, technologiquement, moralement et spirituellement. Ce n’est donc pas un État totalitaire comme le précise, dans la citation suivante, le journaliste américain Lothrop Stoddard :
« La relation entre le peuple et l’État montre à quel point il est faux de qualifier l’État national-socialiste d’État totalitaire. Un État qui travaille lui-même pour une fin et n’est pas une fin en soi ne peut en aucun cas être qualifié d’État totalitaire, dans lequel le centre de gravité a été déplacé au détriment de l’individu. Dans ce cas, l’individu sans défense est confronté à un État tout-puissant. Mais l’État national-socialiste existe pour servir le peuple et donc chaque membre. Le tout est donc appelé à coopérer à la vie de l’État.
Le terme, la totalité, s’applique correctement à la Weltanschauung (vision du monde) national-socialiste qui est incarnée dans le peuple tout entier et active toutes les branches de l’existence nationale. »
L’écologie et les animaux
L’écologie n’est pas à l’origine une préoccupation de la gauche, mais de la droite conservatrice, notamment fasciste. Les fascistes encouragent en effet le respect de la nature parce que c’est pour eux la source de toute vie. L’Allemagne et les pays nordiques européens en général sont le véritable berceau du souci de l’environnement et de la protection animale aussi bien domestique que sauvage. Les nationaux-socialistes allemands, par exemple, avaient les lois de protection animale les plus progressistes que le monde ait connues.
Tous les grands précurseurs du mouvement vert sont des conservateurs ennemis du progrès exclusivement tourné vers l’utile et l’exploitable et « qui finit par considérer l’homme lui-même comme un cobaye ». Comme le signal à bon escient Giovanni Monastra, l’un des auteurs du livre Piété pour le cosmos, même le terme « écologie » est une invention du conservateur allemand Ernst Haeckel.
Plus on va vers le Sud, « y compris au sein même de l’Europe », constate Philippe Baillet, l’autre auteur de cet excellent livre, plus le sentiment écologique se délite. Il y a donc une facette raciale à l’écologie, les Blancs étant en général plus respectueux de la nature et des animaux que les autres races.
Philippe Baillet fait par ailleurs une distinction importante entre les libéraux et les écolos gauchistes mondialistes, les tenants de l’identité sans frontières ou « métissée », et les écologistes de droite, les tenants de l’enracinement territorial et de l’identification ethnique. Ces derniers entendent protéger non seulement la nature, mais aussi les particularités raciales et culturelles. Tandis que les écologistes de gauche ne sont concernés que par la protection de la nature, du moins en théorie, car pour les marxistes, par exemple, l’écologie, selon Monastra, est un masque dont ils se servent pour assouvir leur volonté de puissance.
La liberté
Si une personne n’aime pas vivre dans un pays fasciste, libre à elle de partir vivre ailleurs. Contrairement au communisme où si vous n’aimez pas crever de faim comme à Cuba, vous êtes mieux de vous taire au risque de finir dans un camp de rééducation où l’on vous forcera par un lavage de cerveau implacable à être un bon petit communiste obéissant et docile. Si vous résistez, vous serez probablement assassiné. Soumettez-vous donc ou subissez-en les conséquences.
Quelles sont pour résumer les différences fondamentales entre le communisme et le fascisme ?
Le fascisme est pour le concept de la propriété privée et de l’économie de marché, tandis que le communisme est contre la propriété privée et pour une économie contrôlée par le gouvernement à l’aide d’un plan centralisé. Dans un système fasciste comme le national- socialisme, les moyens de production sont généralement entre les mains du privé, même si l’État se réserve un rôle de « guide ». Dans un système communiste, la propriété privée, y compris les fermes, les usines ou les moyens de production, voire les logements, sont confisqués par l’État. Les deux systèmes sont certes tous les deux foncièrement autoritaires, mais le national-socialisme est considérablement plus convivial que le communisme. De fait, dans le national-socialisme, les droits des citoyens sont respectés et protégés, alors que dans le communisme, les droits privés n’existent pas. Les buts de ces deux systèmes sont également différents. Le national-socialisme hitlérien est un mouvement révolutionnaire qui vise à « protéger » la civilisation occidentale chrétienne, alors que le communisme est un mouvement révolutionnaire qui vise à la « détruire ». Dans les mots de Harold Cox, un membre du parlement britannique et un érudit libéral tout ce qu’il y a de typique : « Les socialistes (communistes) ne visent pas le progrès du monde comme tel, mais sa destruction comme prélude à la construction d’un Nouveau monde [Nouvel ordre mondial] tout droit sorti de leur imagination… Et pour construire ce monde, ils s’adressent délibérément à l’envie, à la haine et aux malices, ce qui est contraire éthiquement à tout ce qui a inspiré toutes les grandes religions du monde. »
Quelles sont pour résumer les différences fondamentales entre le capitalisme et le fascisme ?
Le fascisme place au centre de l’économie la valeur du travail au lieu de la valeur de l’argent. En d’autres mots, même si le fascisme est pour l’économie de marché, le fascisme n’est pas le capitalisme. Le but premier du capitalisme est le profit, alors que le but premier du fascisme est le bien-être de la nation et le bien commun. Dans un pays capitaliste, rien ne peut interférer avec la maximisation des profits, ni les travailleurs ni l’environnement, absolument rien. Entraîné par la cupidité, le capitalisme dérive immanquablement vers la dérégulation gouvernementale et le capitalisme du laissez-faire. Ce qui finit par faire souffrir les travailleurs en baissant leur salaire ou en créant le chômage si leur employeur décide de transférer ses activités outremer comme en Chine ou en Inde où les salaires sont dérisoires.
En outre, les capitalistes pensent à tort que l’argent accumulé par une poignée d’entrepreneurs richissimes finit toujours par ruisseler vers les masses et que tout finit par s’équilibrer pour le mieux. Ce n’est pas totalement faux, mais la plupart du temps, ce n’est pas le cas. L’argent ne descend pas vers les moins nantis, et ce sont les travailleurs et l’environnement qui en subissent les conséquences.
Bref, tout comme les fascistes rejettent complètement le communisme, ils rejettent aussi ce type de capitalisme qui ne profite pas à la nation et au bien commun.
Quelles sont les différences entre le socialisme de l’Allemagne fasciste et le socialisme du marxisme ?
Dans un article publié dans la livraison du 28 décembre 1938 du journal Guardian, Sunday Express, Adolf Hitler dit ce qui suit sur le socialisme à l’allemande :
« Pour moi le terme « socialiste », un terme dérivé du mot « social », veut surtout dire « équité sociale ». Un socialiste est quelqu’un qui sert le bien commun tout en gardant son individualité ou sa personnalité, voire le produit de son travail personnel. La définition que nous faisons du terme « socialiste » n’a rien à voir avec celle du marxisme. Le marxisme est contre la propriété privée alors que le véritable socialisme ne l’est pas. Le marxisme ne donne aucune valeur à l’individu, à l’effort ou à l’efficacité individuelle; le véritable socialisme, quant à lui, donne de la valeur à l’individu et l’encourage à être efficace individuellement pourvu que ses intérêts correspondent à ceux de la communauté. Toutes les grandes inventions, découvertes et réalisations sont le fruit d’un individu.
On m’accuse d’être contre la propriété privée et d’être un athée. Or, ces accusations sont toutes les deux fausses. »
Les prétendus crimes du national-socialisme et du fascisme en général
Hitler et les nationaux-socialistes, voire les fascistes en général, n’étaient pas l’incarnation du Mal absolu. Un grand nombre de spécialistes le savent. Seuls les braves gens l’ignorent. Savez-vous pourquoi ? Eh bien, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils subissent dans les médias, les films et les écoles, un lavage de cerveau en règle qui n’a qu’une seule fonction : stigmatiser les nationaux-socialistes et les fascistes tout en cachant l’abîme d’atrocités commises par les Alliés angloaméricains, français et soviétiques. Les Allemands, bien entendu, ne sont pas irréprochables. Dans toute guerre, le mal sévit des deux côtés. Mais si les prétendus crimes des Allemands font encore, 75 ans plus tard, les manchettes au quotidien, les crimes des Alliés sont en revanche consciemment et méthodiquement occultés. Aucune comparaison qui viendrait atténuer la gravité des crimes allemands n’est permise, en aucune circonstance. Les Juifs autrement dit ne veulent pas voir renaître une doctrine politique qui les détrônerait. Le fameux « Plus jamais cela ! » évoqué dans la préface par le révisionniste Vincent Reynouard ne fait pas tant allusion aux prétendus chambres à gaz qu’au national-socialisme (et au fascisme en général), l’un des meilleurs antidotes au judaïsme politique, ce poison mortel qui ronge l’humanité depuis au moins 3000 ans. »
Julius Evola, Totalité (octobre 1985)
« J’ai défendu, et je défends des “idées fascistes”, non en tant qu’elles étaient “fascistes”, mais dans la mesure où elles reprenaient une tradition supérieure et antérieure au fascisme, où elles appartenaient à l’héritage de la conception hiérarchique, aristocratique et traditionnelle de l’État-conception ayant un caractère universel et qui s’est maintenue en Europe jusqu’à la Révolution française. En réalité, les positions que j’ai défendues et que je défends en tant qu’homme […] ne doivent pas être dites “fascistes”, mais traditionnelles et contre-révolutionnaires. »
Cléricalisme
Jean-Jacques Stormay, Doctrine du Fascisme Catholique en abrégé (Pages 166-167)
« L’État fasciste catholique reconnaît à tous ses membres le même devoir : celui de servir le bien commun et de reconnaître en ce service ce qui constitue le sens de sa vie terrestre et sa raison d’être. Un tel service n’est pas ablatif de la recherche d’une finalité éternelle, qui transcende l’ordre politique et concerne le Salut tel qu’il est défini par le catholicisme, mais la spécificité du fascisme catholique est de considérer que la recherche du Salut passe obligatoirement par le service du bien commun immanent ayant raison de cause finale de la vie temporelle. Ce devoir doit être tenu pour la définition de la vraie liberté ; on est d’abord libre pour quelque chose, être libre de quelque chose est accidentel à l’essence de la liberté ; liberté n’est pas d’abord libération. Une telle authentique liberté est donc l’unité du sens du service ou don de soi, et de la responsabilité ou aptitude à supporter les conséquences de ses engagements. Toute autorité est un service rendu, et elle n’est légitime qu’à ce titre. »
Pape Boniface VIII, Unam Sanctam
« Il convient que l’autorité temporelle soit soumise au pouvoir spirituel. »
Père Théotime de Saint Just, La Royauté Sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ d’après le Cardinal Pie
« La société civile et la société religieuse sont deux sociétés réellement distinctes et indépendantes dans leur sphère propre. Pourtant, la société civile, bien que distincte de l’Église, société religieuse, doit lui être unie et subordonnée. La raison de cette union et de cette subordination est la volonté expresse de Jésus-Christ qui impose l’ordre surnaturel non seulement aux individus et aux familles, mais aux sociétés elles-mêmes. »
Adrien Arcand, Du communisme au mondialisme
« L’homme étant, par sa nature, un être spirituel vivant passagèrement dans un corps matériel, tout organisme qui veut le conduire ou le gouverner doit donc être spiritualiste, sous quelque forme matérielle que ce soit. Un organisme social qui ne correspond pas à la nature même de ceux qui le composent et qui y sont soumis, est un organisme contre nature. Tout ce qui est contre nature est monstrueux, et la nature n’endure pas la monstruosité ; elle la garde stérile ou la détruit. »
Dom Jean de Monléon, Les instruments de la perfection
« Toute tendance vers une discipline, vers une organisation, vers une hiérarchie porte en soi un reflet de l’intelligence divine. »
Pape Léon XIII, Immortale Dei (Encyclique)
« Refuser de prendre aucune part aux affaires publiques serait aussi répréhensible que de n’apporter à l’utilité commune ni soin ni concours ; d’autant plus que les catholiques, en vertu même de la doctrine qu’ils professent, sont obligés de remplir ce devoir en toute intégrité et conscience. D’ailleurs, si les catholiques s’abstiennent, les rênes du gouvernement passeront sans conteste aux mains de ceux dont les opinions n’offrent certes pas grand espoir de salut pour l’État. Ce serait, de plus, pernicieux aux intérêts chrétiens, parce que les ennemis de l’Église auraient tout pouvoir et ses défenseurs aucun. Il est donc évident que les catholiques ont de justes motifs d’aborder la vie politique; car ils le font et doivent le faire non pour approuver ce qu’il peut y avoir de blâmable présentement dans les institutions politiques, mais pour tirer de ces institutions mêmes, autant que faire se peut, le bien public sincère et vrai, en se proposant d’infuser dans toutes les veines de l’État, comme une sève et un sang réparateur, la vertu et l’influence de la religion catholique. »
Louis Veuillot, L’illusion libérale
« La société chrétienne, dans l’état normal, se maintient et s’étend au moyen de deux forces qui doivent être distinctes non séparées, unies non confondues, subordonnées non égales. L’une est la tête, l’autre le bras ; l’une est la parole suprême et souveraine du pontife, l’autre la puissance sociale. La société chrétienne était premièrement et avant tout chrétienne, soumet tout à cette première loi ; et elle met toutes choses en leur place, parce qu’elle met d’abord à sa place son seul vrai Seigneur et Maître, Jésus-Christ. Elle le met à sa place souveraine dans la société comme tous les fidèles le mettent à sa place souveraine dans les âmes et dans la famille ; et de là naissent l’ordre, la liberté, l’unité, la grandeur, la justice, l’empire, la paix. […] Ces deux pouvoirs unis, distincts et subordonnés, par lesquels la société chrétienne se régit, c’est ce qu’on appelle les deux glaives. |…] Le premier glaive, celui qui ne déchire que les ténèbres, demeure au pouvoir patient et infailliblement éclairé du Pontife. L’autre, le glaive matériel, est dans la main du représentant de la société, et afin qu’il n’erre pas, il doit obéir au commandement du Pontife. C’est le Pontife qui le fait sortir du fourreau et qu’il y fait rentrer. Son office est de réprimer l’erreur agressive, une fois définie et condamnée, de la lier, de l’abattre ; de donner la protection à la vérité, soit qu’elle ait besoin de se défendre, soit qu’elle se trouve dans la nécessité d’attaquer à son tour. La main séculière doit faire passage de la vérité, assurer la liberté de ses enseignements, garder au loin la vie de ses ambassadeurs et de ses disciples. »
Pape Pie XII, Radio-Message de Noël (1944)
« La dignité de l’autorité politique est la dignité de sa participation à l’autorité de Dieu. »
Abbé Auguste Boulenger, Manuel d’apologétique
« Bien qu’ils soient deux pouvoirs distincts et indépendants, l’Église et l’État ne doivent pas vivre séparés mais s’unir dans un mutuel accord. Et de cette union, Léon XIII donne les raisons dans son Encyclique Immortale Dei : « Leur autorité, dit-il en parlant des deux pouvoirs, s’exerçant sur les mêmes sujets, il peut arriver qu’une seule et même chose, quoique à des titres différents, ressortisse à la juridiction de l’une et l’autre puissance. Il est donc nécessaire qu’il y ait entre les deux puissances un système de rapports bien ordonné, non sans analogie avec celui qui dans l’homme constitue l’union de l’âme et du corps. »
Ainsi, d’après la doctrine catholique, si l’Église et l’État ont des domaines distincts, ils ont aussi des frontières communes. Et comment en serait-il autrement, alors que les deux sociétés détiennent leurs pouvoirs de Dieu et s’adressent aux mêmes sujets ? Il est vrai que leurs fins sont différentes, mais celles-ci ne doivent jamais s’opposer entre elles, plus que cela, la fin temporelle, que poursuit l’État, manquerait son but si, en définitive, il n’était pas tenu compte de la fin éternelle et de la destinée future. Il peut donc arriver que les mêmes objets (ex. les écoles, le mariage, à la fois contrat civil et religieux), « quoique à des titres différents, ressortissent à la juridiction de l’une et de l’autre puissance », comme dit Léon XIII. Il peut arriver encore que certaines choses, temporelles de leur nature, rentrent dans l’ordre spirituel par leur destination et tombent de ce fait sous la juridiction de l’Église. Tel est le cas des lieux et des objets sacrés : églises, mobilier, servant au culte, biens destinés à l’entretien des ministres, etc. Sur ces différents points qui forment ce qu’on appelle les questions mixtes, on ne saurait contester la juridiction de l’Église. Il est même permis d’aller plus loin et de dire que, à un certain point de vue, l’Église a un pouvoir indirect sur toutes les choses temporelles, non pas en tant qu’elles sont temporelles, mais parce qu’elles doivent toujours être des moyens d’atteindre la fin surnaturelle. C’est en vertu de ce pouvoir que les Papes du moyen âge se sont parfois élevés contre les princes qui abusaient de leur puissance, qu’ils sont allés jusqu’à les déposer comme indignes de la souveraineté et ont délié leurs peuples du serment de fidélité.
Il suit de là que, en principe, s’il surgit des conflits, l’État doit céder, puisque son pouvoir est inférieur à celui de l’Église par sa nature et sa fin. En pratique, il convient qu’il y ait union entre les pouvoirs ; il faut que l’Église et l’État, loin de s’ignorer réciproquement, se parlent, fassent des conventions ou concordats et que ces derniers soient loyalement observés par tous les deux. […]
L’Église doit prêter à l’État l’appui de son autorité et de ses œuvres. Qui ne voit du reste combien par sa doctrine elle peut travailler au bonheur des peuples puisque, d’une part, elle « fait remonter jusqu’à Dieu même l’origine du pouvoir, qu’elle impose avec une très grande autorité aux princes l’obligation de ne point oublier leurs devoirs, de ne point commander avec injustice ou dureté », et d’autre part, qu’elle « commande aux citoyens à l’égard de la puissance légitime, la soumission comme aux représentants de Dieu, et les unit aux chefs de l’État par les liens, non seulement de l’obéissance, mais du respect et de l’amour, leur interdisant la révolte et toutes les entreprises qui peuvent troubler l’ordre et la tranquillité de l’État » (Encyclique Libertas Præstantissimum). Ainsi, de l’influence de l’Église, l’État retirera un double profit. L’autorité des chefs, considérée, non pas uniquement comme l’expression de la volonté du peuple, mais comme venant de Dieu, revêtira un caractère sacré et se conformera mieux aux règles de la justice. Le peuple, à son tour, acceptera l’obéissance comme une soumission à la volonté de Dieu, qui, loin de l’humilier, ne peut que l’ennoblir. […]
Le premier devoir de l’État vis-à-vis de la religion en général, c’est de rendre lui-même un culte social à Dieu. La raison seule démontre à l’évidence la nécessité de ce culte. Dieu n’est-il pas le maître des sociétés comme des individus ? Or, dit Léon XIII (Encyclique Immortale Dei),« si la nature et la raison imposent à chacun de nous le devoir d’honorer Dieu d’un culte religieux, parce que nous sommes sous sa puissance, et parce que, sortis de lui, nous devons retourner à lui, la même loi oblige la communauté politique ». Le chef de l’État doit donc rendre hommage à Dieu au nom du peuple qu’il représente, en s’associant aux actes de religion qui s’accomplissent au sein de l’Église catholique. Nous disons « de l’Église catholique » car, bien que le culte de Dieu s’impose, antérieurement à toute religion révélée, il va de soi que, si Dieu a dit comment il voulait être adoré et servi, il y a obligation, non seulement pour les individus, mais pour le corps social, de se soumettre à ses ordres.
Le second devoir de l’État est de reconnaître tous les droits de l’Église, tels qu’ils découlent de sa constitution divine et que nous les avons décrits dans l’article précédent. L’État doit donc disposer la législation civile de manière à seconder et à développer la religion catholique. Il ne lui appartient pas de connaître lui-même des doctrines. « Il laissera, l’Église juger les novateurs et, s’ils s’obstinent dans leur révolte, les punir selon les lois canoniques, et les exclure de son sein. Mais il pourra prêter à l’autorité religieuse le pouvoir coercitif dont il dispose, pour arrêter une contagion dont les progrès seraient nuisibles à la société civile elle-même. » »
Pape Léon XIII, Diuturnum (Encyclique)
« Si l’on veut déterminer la source du pouvoir dans l’État, l’Église enseigne avec raison qu’il la faut chercher en Dieu. »
Pape Pie XII, Lettre à la Semaine sociale de Rennes (14 juillet 1954)
« Seul cet ordre souverain, qui a Dieu pour auteur, peut fonder l’autorité véritable et effective de l’État. »
Louis de Bonald, Les pensées sur divers sujets
« L’administration doit faire peu pour les plaisirs du peuple, assez pour ses besoins, et tout pour ses vertus. »
Père Marie-Antoine de Lavaur, Religions et politique : des principes aux réalités
« La religion et la politique ne doivent jamais se séparer. La religion est l’âme, la politique le corps de la société ; leur union, c’est la vie ; leur séparation, c’est la mort ! »
Louis Le Carpentier, Catholique et fasciste toujours (Pages 75-76)
« Concrètement, Dieu ayant élevé l’homme à l’ordre de la grâce, la fin naturelle transcendante de l’homme à été en quelque sorte transfigurée : elle est devenue vision béatifique, c’est-à-dire vision surnaturelle de l’essence divine, vision de l’essence divine dans sa positivité ; et quant à sa fin naturelle immanente, le Bien commun de la Cité, elle n’a pas été supprimée mais a été au contraire surélevée, puisqu’elle est depuis lors ordonnée à l’obtention d’une fin surnaturelle dont elle est – selon le plan divin – condition sine qua non ; de sorte que l’intérêt pour la chose politique soit devenu d’autant plus nécessaire, et donc qu’un État fort, incitant les corps intermédiaires et chacun des membres du corps social, c’est-à-dire de la nation, à prendre part à la poursuite active du Bien commun – en d’autres termes un État à la fois mono-archiste (parce qu’autoritaire), corporatiste, nationaliste et organiciste, en somme un État fasciste (au sens universel du terme) – soit devenu d’autant plus souhaitable ; en fait, loin de nous dissuader d’être fasciste, notre Sainte Religion, seule religion à reconnaître un ordre naturel et à l’estimer, nous incite pleinement à l’être. »
Giovanni Gentile, Réunion du nouveau Conseil supérieur de l’Instruction Publique (15 novembre 1923)
« Un État qui ne s’intéresse pas à la religion n’est pas un État. Ce n’est pas un État pareil que l’État italien voudrait être. Que l’on ne dise pas : de la religion, oui, mais pas une religion donnée. Paroles contraires au bon sens. Ce serait comme si l’on disait : de la poésie, oui, mais pas de Dante, ni d’Homère, ni de Shakespeare, ni d’un autre poète. La poésie est toujours une poésie donnée. De même la religion. En Italie, si l’État représente la conscience active nationale, la conscience de l’avenir en fonction du passé, la conscience historique, il sera la conscience religieuse catholique. »
Pape Léon XIII, Sapientiae Christianae (Encyclique)
« Si les lois de l’État sont en contradiction ouverte avec la loi divine, si elles renferment des dispositions préjudiciables à l’Église ou des prescriptions contraires aux devoirs imposés par la religion, si elles violent dans le pontife suprême l’autorité de Jésus-Christ, dans tous ces cas, il y a obligation de résister, et obéir serait un crime dont les conséquences retomberaient sur l’État lui-même. Car l’État subit le contrecoup de toute offense faite à la religion. On voit ici combien est injuste le reproche de sédition formulé contre les chrétiens. En effet, ils ne refusent ni aux princes ni aux législateurs l’obéissance qui leur est due ; ou, s’ils dénient cette obéissance, c’est uniquement au sujet de préceptes dénués d’autorité parce qu’ils sont portés contre l’honneur dû à Dieu, par conséquent en dehors de la justice, et n’ont rien de commun avec de véritables lois. »
Abbé Alexis Pelletier, Du modérantisme ou de la fausse modération
« La politique, dans son acception véritable, est l’art de gouverner les États, puis de diriger les relations qu’ils doivent avoir entre eux, de manière à les maintenir dans l’ordre et à leur procurer une somme suffisante de bien-être matériel, afin que, par ces moyens, tous les individus en général et chaque individu en particulier puissent plus facilement observer les préceptes et les conseils évangéliques, de même que les lois disciplinaires de l’Église, et travailler ainsi avec plus d’efficacité à atteindre leur fin surnaturelle et dernière, le salut éternel. »
Louis de Bonald, Réflexions sur l’accord des dogmes de la religion avec la raison (Page 95)
« On ne comprendra jamais assez tout le bien que la religion pourrait produire si les gouvernements, au lieu de la regarder comme un instrument de leur politique, se regardaient eux-mêmes comme ses ministres pour conduire les hommes à la vertu et au bonheur, en secondant de toutes leurs forces l’accomplissement de ses préceptes, en punissant sévèrement le mal qu’elle défend. »
Pape Léon XIII, Au milieu des sollicitudes (Encyclique)
« Dès que l’État refuse de donner à Dieu ce qui est à Dieu, il refuse, par une conséquence nécessaire, de donner aux citoyens ce à quoi ils ont droit comme hommes; car, qu’on le veuille ou non, les vrais droits de l’homme naissent précisément de ses devoirs envers Dieu.
D’où il suit que l’État, en manquant, sous ce rapport, le but principal de son institution, aboutit en réalité à se renier lui-même et à démentir ce qui est la raison de sa propre existence. Ces vérités supérieures sont si clairement proclamées par la voix même de la raison naturelle, qu’elles s’imposent à tout homme que n’aveugle pas la violence de la passion. »
Pape Pie XI, Quas Primas (Encyclique)
« Les États apprendront par la célébration annuelle de cette fête du Christ-Roi que les gouvernants et les magistrats ont l’obligation, aussi bien que les particuliers, de rendre au Christ un culte public et d’obéir à ses lois. Les chefs de la société civile se rappelleront, de leur côté, le dernier jugement, où le Christ accusera ceux qui l’ont expulsé de la vie publique, mais aussi ceux qui l’ont dédaigneusement mis de côté ou ignoré, et punira de pareils outrages par les châtiments les plus terribles ; car sa dignité royale exige que l’État tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens dans l’établissement des lois, dans l’administration de la justice, dans la formation intellectuelle et morale de la jeunesse, qui doit respecter la saine doctrine et la pureté des mœurs. »
Joseph de Maistre, De la souveraineté du peuple (Page 147)
« Il faut qu’il y ait une religion de l’État comme une politique de l’État ; ou, plutôt, il faut que les dogmes religieux et politiques mêlés et confondus forment ensemble une raison universelle ou nationale assez forte pour réprimer les aberrations de la raison individuelle qui est, de sa nature, l’ennemie mortelle de toute association quelconque, parce qu’elle ne produit que des opinions divergentes. »
Pape Pie XII, Message de Noël 1942
« Toute l’activité politique de l’État est ordonnée à la réalisation durable du bien commun, c’est-à-dire des conditions extérieures nécessaires à l’ensemble des citoyens pour le développement de leurs qualités, de leurs fonctions, de leur vie matérielle, individuelle et religieuse. »
Piero Misciattelli, Le fascisme et les catholiques (Pages 31-32)
« La politique ecclésiastique du gouvernement fasciste ne s’inspire pas d’un sentiment purement politique, et encore moins utilitaire, comme l’insinuent avec malignité ses adversaires, mais plutôt d’un sublime principe éthique et national. Elle est sans aucun doute une des manifestations les plus importantes du nouveau régime ; restaurant dans la lettre et dans l’esprit le premier article des Lois fondamentales du Royaume, elle tend à établir en Italie, par le moyen d’une législation rénovée, des rapports harmonieux entre l’État et l’Église, à ramener les Italiens dévoyés par le pseudo-libéralisme démocratique aux pures sources religieuses et morales de notre Risorgimento.
L’Église et l’État étaient figurés par les législateurs du régime ancien comme courant parallèlement sur des voies différentes ; le fascisme au contraire voit dans l’Église et dans l’État deux convois courant sur la même voie, sur laquelle doit pouvoir avancer en toute sûreté la nouvelle machine de la Nation.
Les débuts furent grandioses ; et les visées audacieusement originales que représentait cette politique ecclésiastique à longue portée de l’État fasciste ne se limitèrent pas à de vagues promesses ; elles se concrétisent chaque jour dans des faits. Grâce au fascisme, le crucifix est retourné à l’école, la croix montée au sommet du Capitole ; ainsi, à l’école primaire où se forme la conscience de la jeunesse, l’enseignement religieux a été rétabli. La loi qui tend à réprimer les excès de la presse, la loi contre la franc-maçonnerie, les lois pour la protection de la morale publique et de la famille, les mesures de prévoyance pour l’enfance – toute cette législation s’inspire des plus pures doctrines catholiques. C’est au gouvernement fasciste que l’on doit la fondation à Milan par les catholiques de l’Université du Sacré-Cœur, université reconnue par l’État, et la reddition des grands foyers historiques du mysticisme et du spiritualisme italiens à leurs gardiens légitimes qui en avaient été expulsés et qui avaient passé de longues années en exil.
Le fascisme n’a pas l’ambition d’absorber l’Église dans son sein, c’est-à-dire dans l’État fasciste ; il veut seulement réduire les obstacles qui s’opposent à l’unité spirituelle de la patrie. Il affirme de nouveau, en substance, l’idée exposée par Dante de la distinction entre le pouvoir civil et le pouvoir ecclésiastique ; tout en sauvegardant l’indépendance et l’autonomie de l’État et de l’Église, ce principe pose les bases juridiques qui doivent régler la collaboration des deux organismes, et il annonce leur réconciliation. »
Autre
Stepinac, Politique et religion, immanence et transcendance (Page 9)
« C’est le monde d’après-guerre qui a fait de lui un fasciste, parce que ce monde n’est porteur d’aucun espoir, en dehors de celui de sortir d’un tel monde. Et le fascisme est le seul moyen de se libérer d’un tel univers devenu strictement inhumain parce que l’homme y est devenu sa propre fin. »
Abbé Meinvielle, Conception catholique de l’économie
« La violence que le fascisme emploie se justifie dès que l’on comprend l’époque présente, qui est une époque de violence. »
Benito Mussolini, Article (25 mai 1922)
« Le fascisme respecte la religion ; il n’est pas athée, il n’est pas anti-chrétien, il n’est pas anti-catholique. Il arrive rarement qu’un rite funéraire fasciste soit laïc. »
Pietro Nenni, Six ans de guerre civile en Italie
« Le 16 septembre 1922, la Chambre devait accorder sa confiance à Mussolini, par 306 voix contre 116, et à cette séance l’on devait voir le groupe catholique, soi-disant démocrate-chrétien, voter à l’unanimité pour le premier gouvernement fasciste. »
Joseph Mérel, Pour un fascisme du jour d’après (Page 178-179)
« Comme le rappelle Maurice Bardèche, « le fascisme n’a pas confiance dans le peuple » (Qu’est-ce que le fascisme ? Les Sept Couleurs 1970 p. 139). Il est « un moyen de salut qu’on impose au peuple » (p. 137) ; « les fascistes ne croient pas que l’homme soit naturellement bon, ils ne croient pas au progrès ni au sens irréversible de l’histoire » (p.188). Le fasciste aime l’ordre et la propreté, la loyauté, ne conçoit la dignité de l’homme que dans l’effort, prodigué par cet homme, de se dépasser, de ne pas céder à ces passions hédonistes qui le dissolvent ; pour prendre le pouvoir, il se refuse à déchaîner les bas instincts de la plèbe, à la manière des bolcheviques faisant du passé table rase et dépourvus du scrupule de lâcher la sous-humanité ivre de cruautés et de jouissances basses pour créer ce chaos à partir duquel le communiste reconstruit sa société ex nihilo. Le fasciste a besoin de prendre le pouvoir pour éduquer le peuple et créer « l’homme fasciste », mais il ne peut s’appuyer sur cet homme qui n’existe pas encore pour prendre le pouvoir. Alors il est contraint de s’appuyer sur les forces dont il dispose, sur un certain patronat, sur l’élite maçonnique du moment comme le fera Mussolini qui la congédiera dix ans après sa prise de pouvoir. Le fasciste est forcé à des concessions peu compatibles avec ses principes, avec l’image qu’il se fait de l’homme en sa version supportable, c’est-à-dire héroïque. À droite comme à gauche, on lui a beaucoup reproché ces concessions qui pourtant étaient induites par ses certitudes mêmes confrontées à la réalité médiocre en laquelle il tentait de s’imposer. La société fasciste ne peut fonctionner qu’avec des fascistes, avec des hommes qu’il faut prendre le temps d’éduquer, de former, et la prise de pouvoir fasciste n’en a pas le temps. Parce que le fascisme ne prétend pas créer l’homme, mais le faire accoucher du moins mauvais de lui-même, fût-ce par des méthodes expéditives, fût-ce en développant une rhétorique sur « l’homme nouveau », le fascisme ne peut être dit exister comme tel qu’après plusieurs années d’efforts et de pédagogie. Hitler enseignait lui-même qu’une société devient décadente quand ses membres se mettent à oublier qu’elle dépend d’eux, qu’elle repose sur eux, pour se complaire dans l’idée qu’ils dépendraient d’elle et qu’ils pourraient passivement se reposer sur elle. Ces années, les fascistes n’en ont pas disposé. Aussi ne peut-on juger le fascisme seulement sur ce qu’il fut historiquement, parce que, d’une certaine façon, il n’a jamais été autrement qu’à l’état embryonnaire. Autant il est vrai qu’une morale non étayée par des structures politiques adéquates dépérit, autant il est certain que les structures politiques ne parviendront jamais à dispenser l’homme de se conformer aux exigences d’une certaine morale. »
Adolf Hitler, Völkischer Beobachter (29 février 1929)
« Le fait que la Curie fasse maintenant la paix avec le fascisme montre que le Vatican a beaucoup plus confiance dans les nouvelles réalités politiques que l’ancienne démocratie libérale avec laquelle il ne pouvait pas s’accommoder. Le fait que l’Église catholique soit parvenue à un accord avec l’Italie fasciste prouve sans l’ombre d’un doute que le monde fasciste des idées est plus proche du christianisme que ceux du libéralisme juif ou même du marxisme athéiste, avec lequel le parti dit catholique du Centre se sent aujourd’hui si étroitement lié au détriment de toute la chrétienté et de notre peuple allemand. Si le Pape parvient aujourd’hui à une telle compréhension du fascisme, il est au moins d’avis que le fascisme et donc le nationalisme sont justifiables pour les fidèles, et compatibles avec la foi catholique. Mais alors comment le « Bayerische Kurier » de Munich, par exemple, en tant que soi-disant « organe catholique », peut-il remplir les fidèles de doutes sur leur propre attitude à l’égard de la politique du Pape ? Je vois le temps qui reste à venir où le Pape se réjouira du fait que les églises seront un jour protégées par le national-socialisme contre les partis du Centre. Une chose est certaine, et je vois là la grande importance du traité conclu entre le Pape et Mussolini : un événement historique a maintenant prouvé que le nationalisme n’est pas en soi anti-chrétien et anti-clérical, comme le prétendent de manière mensongère le Centre allemand et ses organes. La vision du monde nationaliste, qu’elle soit fasciste en Italie ou nationale-socialiste en Allemagne, est positivement chrétienne, et tout bon catholique peut être un opposant au Parlement et un adepte de la dictature de l’idée nationale. »
Pierre-Marie Dioudonnat, Je suis partout 1930-1944
« Le régime de Salazar est celui pour lequel j’éprouve le plus de sympathie : c’est le régime qui cherche à dégager la personnalité humaine. C’est le contraire du régime totalitaire. C’est un régime d’autorité, c’est le type de l’État chrétien. »
Cardinal Gerlier, Discours (18 novembre 1940)
« Travail, famille, patrie ; ces trois mots sont les nôtres. »
Maurice Bardèche, Le Crapouillot, N° 77 (Septembre-Octobre 1984)
« Je n’aime pas la politique. Si vous pensez que le fascisme consiste à faire défiler des garçons bottés en chemises brunes ou noires, dites-vous que ce n’est pas ma définition du fascisme. J’ai défendu les fascistes, c’est tout différent : parce que j’ai connu des fascistes et parce que je déteste le mensonge. […]
On nous a menti et on continue à nous mentir : parce que ce mensonge est indispensable aux politiciens en place. Mais ce mensonge s’effrite aujourd’hui, il s’effondrera demain. On finira par regarder les expériences fascistes comme des expériences politiques qui ont été obérées et défigurées par les nécessités dramatiques de la guerre, mais qui ont pour caractère essentiel l’exaltation de certaines valeurs morales : le courage, l’énergie, la discipline, la responsabilité, la conscience professionnelle, la solidarité, dont la disparition est le drame des sociétés qui ont suivi. Être fasciste aujourd’hui, c’est souhaiter que ces mots aient un sens pour les peuples. […]
En réalité, les régimes fascistes n’ont pas été des régimes de contrainte pour les individus. Ils ont généralement respecté les libertés individuelles et n’ont réprimé que le sabotage, le parasitisme et la spéculation. En revanche, ils ont assuré aux peuples la plus précieuse des libertés, celle d’être eux-mêmes et non pas ce qu’on a décidé qu’ils sont : liberté que nous ne connaissons plus. […]
Les régimes fascistes ont été ou ont essayé d’être des régimes de solidarité et de justice sociale, qui ont été ensuite déformés par les contraintes de la guerre. Tout régime de solidarité et de justice sociale exige un État fort : mais un État fort n’a pas besoin d’idéologie : il a besoin seulement de bon sens et de générosité. […]
Très bientôt, dans vingt ans, dans dix ans peut-être, la race blanche en Europe devra lutter pour sa survie. Cette bataille suprême exigera des régimes forts, des gouvernements de salut public. Elle ne pourra être conduite que dans le dépérissement des idéologies et par le recours aux qualités viriles que je disais. Il ne faut pas se demander aujourd’hui si ces régimes forts sont possibles, il faut savoir qu’ils sont inévitables : sous quelque nom qu’on leur donne. Car ils sont la condition de notre salut. »
Michèle Cointet-Labrousse, L’Église sous Vichy (Pages 60-62)
« Du pétainisme, les catholiques aiment le ton chrétien. Il était un retour à un âge agraire mythique, aux mœurs patriarcales, à la retenue morale, à la simplicité des rapports humains.
La célébration de la famille et des enfants était le rayon de soleil des femmes de prisonniers et des humbles qui, dans la société, ni autre richesse ni occasion de fierté. L’altruisme donnait à chacun l’estime de soi, par ces appels incessants de l’État à la solidarité et à la charité. Que d’occasion de se dévouer et d’être généreux : paniers pour les pauvres, billets de loterie pour le Secours national, colis pour les prisonniers.
Les plaisirs faciles s’étaient enfuis mais le culte de la santé physique et morale s’y substituait avec bonheur. Le sport, la grâce, l’effort sur soi occupaient les écrans. L’alcoolisme était combattu. Les relations entre garçons et filles, la coquetterie et le flirt étaient réprouvés. L’évêque de Soissons s’émouvait du port indécent du short par les jeunes filles lors des séances d’éducation physique et le général Weygand chassait de la piscine de Vichy ceux qu’attirait la contemplation des corps plus que la nage dans le bassin.
L’affaire Simone de Beauvoir fut lancée par une plainte des présidents des œuvres catholiques de Paris qui s’émurent de certaines lectures recommandées par le professeur de philosophie du lycée (Gide, Proust, Mauriac) et par la plainte de la mère d’une de ses anciennes élèves pour incitation de mineure à la débauche. Jean-Paul Sartre fut aussi l’objet d’une enquête. Le recteur Gilbert Gibel était d’avis de les écarter tous les deux de l’enseignement : « Le maintien de Mademoiselle de Beauvoir et de Monsieur Sartre dans des chaires de philosophie et de l’enseignement secondaire me paraît inadmissible à l’heure où la France aspire à la restauration de ses valeurs. »
[…] Le gouvernement de Vichy avait à sa disposition un arsenal quasi complet contre l’avortement. La propagande de l’État français célèbre la mère dont la fête est désormais officielle et dénonce les femmes qui se font avorter comme des meurtrières et les avorteurs comme des assassins. Le bénéfice du sursis est supprimé pour de tel crime.
[…] La loi du 23 décembre 1942 punit de trois mois à trois ans de prison quiconque vivrait en concubinage notoire avec la femme d’un prisonnier de guerre.
[…] Il fut désormais impossible d’engager une instance de divorce dans les trois premières années de mariage. Le juge avait ensuite la possibilité d’imposer aux impatients deux fois deux ans de délai. Ces sept années de réflexion ne seraient pas troublés par de mauvais modèles, car la presse n’avait plus le droit de parler des divorces des personnalités diverses.
L’Église rendait à chaque sexe sa fonction traditionnelle. Aux hommes d’exercer les activités extérieures et intellectuelles, les travaux pénibles. Les femmes retrouvaient le rôle de mère et éclairaient le modeste foyer de leur présence affectueuse, de leur grâce et de leur dévouement à accomplir les tâches qui atténuent les difficultés matérielle de la vie. La défaite de 1940 semblait avoir arrêté le temps et permit de détruire les perversités de la société urbaine. »
Jean-Jacques Stormay, Idées portraiturées et fantaisies quodlibérales (Pages 36-39)
« Le Parti Populaire, démo-chrétien, fut autorisé par le Saint-Siège dès la levée du « non expedit » à l’époque où le fascisme naissait.
En 1922, Mussolini apostropha ainsi les élus de ce parti, incapables de poser la question du rapport entre l’Église et l’État : « Vous êtes des rats aux dents aiguës ; vous êtes entrés dans le fromage ministériel pour le dévorer ». Après que le nouveau Régime se fut emparé du pouvoir en octobre 1922, Mussolini rappela le rôle universel de la papauté, fierté de l’État italien, et libéra la politique de diverses confusions.
Il libéra la politique des confusions créées par le cléricalisme d’une Action catholique qui réduisait les laïcs à des sous-curés substituant l’apostolat mené par les clercs à l’action politique. Il libéra la politique de l’anticléricalisme maçonnique et antichrétien. Le crucifix fut rétabli dans les écoles et dans les tribunaux, la réforme « Gentile » étendit l’enseignement religieux dans les écoles publiques ; les écoles privées et publiques furent mises sur un pied d’égalité, l’université catholique de Milan obtint une existence juridique, les autorités ecclésiastiques furent à nouveau présentes lors des cérémonies publiques, les clercs furent exemptés du service militaire. Par les accords du Latran en 1929, la Question romaine fut enfin réglée : Rome était capitale du royaume d’Italie, la Cité du Vatican était créée. Le concordat, troisième des Actes du Latran, réglait les rapports entre l’État et l’Église, ainsi que la politique ecclésiastique dans les matières dites mixtes. L’État se disait catholique sans se vouloir confessionnel ; l’Église obtenait une situation de privilège parce que, de fait, la majorité des Italiens était catholique. Mais l’État fasciste ne se proposait pas d’imposer ou de recommander particulièrement le catholicisme ; les citoyens étaient tenus pour égaux devant la loi, quelle que fût leur confession religieuse. Le mariage religieux était reconnu tel un acte d’état civil et l’Église obtenait un privilège en matière d’enseignement primaire et secondaire. […]
Il est vrai que les dispositions de l’État nouveau, en ce qui concerne la liberté religieuse, n’étaient pas pleinement catholiques, parce que la fin dernière est bien le salut, l’ordre naturel étant sommé de trouver son accomplissement propre moyennant son ouverture et sa soumission à l’ordre surnaturel : le salut exige que l’on soit catholique, la neutralité n’est pas neutre puisqu’elle confère égale importance à la vérité et à l’erreur ; l’État est en demeure, en la proclamant religion d’État, de soutenir la religion catholique et de la protéger, non seulement parce que les citoyens sont catholiques de fait, mais en droit parce qu’elle est l’unique religion vraie ; les autres religions ne peuvent jouir que d’une tolérance, même si, dans les faits, cette dernière est irrévocable puisque, aussi bien, l’on ne peut imposer l’adhésion à la foi catholique – par définition libre – par la force. Ces dispositions fascistes malheureuses, libérales et donc modernistes en tant que promotrices de la liberté religieuse, ne purent que réjouir les pasteurs et rabbins d’Italie, qui ne se firent pas faute de le faire savoir. L’État fasciste ne se contentait plus, comme dans le Statut de 1848, de tolérer simplement les cultes non catholiques, il les reconnaissait ; il se réservait le droit de reconnaître les institutions religieuses. L’État vraiment catholique doit non seulement assurer à l’Église le libre exercice de son pouvoir spirituel, mais il doit lui offrir ses services pour réprimer l’hérésie. Et reconnaître cette vérité n’eût aucunement porté atteinte à l’essence du fascisme, s’il est vrai que ce dernier se caractérise d’abord par une conception de l’État induite par la recherche systématique de l’organicité.
Cela dit, que les biens surnaturels dispensés par l’Église aient raison de fin du Politique, cela fait-il de l’Église la cause efficiente de ce dernier ?
L’homme est par nature un animal domestique, la famille est une société naturelle. Pour cette raison, le pouvoir monarchique du père de famille, qui procède de Dieu comme tout pouvoir, est directement conféré au père par la nature humaine, et non par l’Eglise. Le père est moralement en demeure de confier sa progéniture aux clercs pour sa formation religieuse, mais il ne tient pas d’eux son pouvoir sur ses enfants ; et l’Église ne saurait court-circuiter cette autorité naturelle, aussi longtemps qu’elle est en droit de s’exercer, quand bien même un tel père ne serait pas catholique. Le même raisonnement vaut pour le pouvoir politique, qui est naturel puisque l’homme est par nature un animal politique ; il appartient à celui qui le prend pour autant qu’il l’ordonne au bien commun, et l’autorité qui lui est attachée procède directement de Dieu par la nature humaine, non par l’Église dont le dépositaire d’un tel pouvoir n’a pas à solliciter le mandat. Il existe un ordre moral naturel que le chef politique doit respecter, et une finalité surnaturelle de la vie sociale que ce même chef doit contribuer à servir ; mais il ne reçoit pas son autorité de l’Église, non plus que les directives qu’il doit suivre pour réaliser le bien commun naturel ; parce que l’Église a autorité morale directe, en matière de foi et de mœurs, sur les baptisés, elle est fondée à inviter son troupeau à se soustraire à l’autorité d’un mauvais chef ; mais là se limitent ses prérogatives politiques. Cela rappelé, ces considérations pratiquement délicates sont conditionnées par une question préjudicielle essentielle, qui est celle de savoir si le point d’articulation entre ordre naturel et ordre surnaturel a été bien élucidé par la pensée catholique elle-même.
Dans le régime fasciste, les ecclésiastiques avaient mission de former les professeurs destinés à l’enseignement de la religion ; ils étaient habilités à intervenir dans l’établissement des programmes. Mais ils n’avaient aucun droit de surveillance sur l’enseignement des autres disciplines. »
Mgr Édouard Devoghel, La question romaine sous Pie XI et Mussolini (Page 71)
« Il est de mauvais goût d’affirmer que le Fascisme a remis en honneur le sens des valeurs spirituelles et qu’il est venu en aide à l’Église catholique. Si cela est vrai – comme ce l’est – cela ne se porte pas dans la discussion et l’on songe encore moins à l’inscrire à un actif. Le Fascisme ne connaît pas l’opportunisme. La renaissance religieuse était un besoin incompressible du peuple italien. Le Fascisme a contribué à cette renaissance et il a fait son devoir. Il a interprété l’esprit de la nation inquiète. Aujourd’hui il appartient à l’Église, qui a, elle aussi, des facultés immenses, de donner des signes tangibles de bienveillance à la nation qui vit son heure pleine d’ardeur et de passion. »
Mgr Édouard Devoghel, La question romaine sous Pie XI et Mussolini (Pages 87-91)
« L’Italie comme l’Église avait depuis longtemps décidé de donner le plus grand éclat à la commémoration de la mort « du plus saint des Italiens et du plus Italien des Saints ». Tandis que Pie XI, dans son encyclique « Rite expiatis » du 30 avril, invitait l’univers catholique à célébrer le VIIème centenaire de la mort de saint François. M. Mussolini lançait un manifeste exaltant la gloire de ce grand fils de l’Italie et décrétait que le 4 octobre 1926 serait, pour le royaume, une fête nationale.
Les autorités italiennes n’épargnèrent rien pour assurer le succès des fêtes commémoratives. L’administration des postes avait émis une série de timbres franciscains, la direction des chemins de fer accorda aux pèlerins du centenaire les facilités et les réductions dont elle avait favorisé les pèlerinages de l’Année Sainte. L’état fit en outre exécuter ou encouragea de subventions généreuses, dans la ville et les environs d’Assise, à l’Alverne et ailleurs, de grands travaux aux fins d’embellir les sanctuaires franciscains ou d’en faciliter l’accès.
L’été de 1926 venu, l’Italie officielle prodigua les hommages au « Poverello ». Les sanctuaires d’Assise reçurent des visites royales et princières. La Reine Hélène y apporta des nappes d’autel merveilleuses ornées de dentelles qu’elle avait tirées du trésor de la maison de Savoie. Le Roi Victor-Emmanuel se rendit à l’Alverne, visita la Portioncule et gravit les pentes du Subasio pour s’incliner devant le tombeau du saint et inaugurer la « Campana delle Laude », la cloche offerte par toutes les communes du royaume à la municipalité d’Assise en souvenir du Cantique des Créatures.
Les fêtes franciscaines devaient avoir leur apogée à l’anniversaire même de la mort du saint : c’est alors aussi que la participation du gouvernement italien aux cérémonies organisées par le Saint-Siège fut le plus impressionnante. […]
Aux façades des deux basiliques patriarcales, flotte le drapeau blanc et jaune : c’est la première fois depuis un demi-siècle que les couleurs papales sont arborées à ces édifices, restés la propriété du Saint-Siège. On remarque aussi la présence à San Francesco de M. Pietro Fedele, ministre de l’Instruction publique, qui est venu représenter M. Mussolini et son gouvernement, et qui fait visite au Cardinal Légat pour lui offrir les hommages dont il est chargé.
Le lundi est la grande journée. En terminant l’homélie qu’il prononce à l’évangile de la messe célébrée pontificalement à l’autel papal du tombeau du saint, le Cardinal Légat adjure saint François de bénir de nouveau Assise. Puis : « Bénissez, lui dit-il, l’Italie, terre privilégiée et féconde en saints et en héros, tant glorifiée par vous. »
Le soir a lieu à l’Hôtel de Ville une réception solennelle en l’honneur du Cardinal Légat, Le ministre Fedele et de nombreuses autorités y assistent. Le Maire y souhaite la bienvenue au représentant du Pape et, pour lui témoigner la reconnaissance d’Assise, lui offre un parchemin portant inscription du « Cardinal Raphaël Merry del Val, légat de Pie XI », au nombre des citoyens de la ville de saint François.
Le Cardinal Légat remercie et se déclare heureux d’avoir été choisi par le Souverain Pontife pour le représenter dans une occasion aussi mémorable, heureux aussi de voir un lien officiel s’ajouter à tous ceux qui l’unissaient jusqu’ici à l’Italie où il a passé presque toute sa vie.
« Ma reconnaissance particulière, ajoute le représentant du Pape écouté avec une attention religieuse par tous les assistants, ma reconnaissance particulière à vous, Monsieur le Maire, et à toutes les autorités civiles, qui ont apporté, avec courtoisie et magnificence, leur large concours à cette célébration centenaire.
Que mes remerciements aillent aussi aux autorités militaires, représentées par des officiers distingués et de vaillants soldats de la glorieuse armée italienne.
Mes remerciements vont également à celui qui tient en mains les rênes du gouvernement d’Italie et qui, avec une vision claire de la réalité des choses, a voulu et veut que la religion soit respectée, honorée, pratiquée.
Visiblement protégé de Dieu, il a sagement relevé les destinées de la nation en en grandissant le prestige devant le monde entier.
C’est dans ces sentiments, c’est avec cette expression de ma reconnaissance que j’invoque sur Assise, sur la chère Ombrie, sur toute l’Italie, sur tous ceux qui sont présents et sur ceux qui leur sont unis par la pensée et par l’affection, la bénédiction de saint François, du glorieux « Poverello » d’Assise. »
Ces paroles produisirent naturellement une grande impression. Le ministre Fedele tint à en remercier tout de suite « le Légat du Souverain Pontife, chef auguste et vénéré de notre religion ».
« Que la bénédiction divine, dit encore le représentant de M. Mussolini, descende du haut du Siège apostolique par votre entremise sur l’Italie, qu’elle soit pour elle un instrument de bien ; qu’elle obtienne la renaissance non seulement sociale et économique, mais morale et spirituelle du peuple italien, à laquelle le gouvernement national et son illustre chef s’appliquent de toutes leurs forces. »
Les hommages officiels accompagnèrent le Cardinal Légat pendant tout son séjour à Assise et jusqu’à ce matin ensoleillé où son escorte de carabiniers à cheval le reconduisit au « train papal » qui devait le ramener à Rome. »
Faust Bradescu – Antimachiavélisme légionnaire (1MO)
Bibliographie
– Louis Le Carpentier, Catholique et fasciste toujours / Pour un fascisme thomiste
– Corneliu Zelea-Codreanu, La Garde de Fer
– Joseph Mérel, Fascisme et Monarchie / Désir de Dieu et organicité politique / Pour un fascisme du jour d’après
– Piero Misciattelli, Le Fascisme et les Catholiques
– Arcand Adrien, Exposé des principes et du programme du Parti National Social Chrétien
– Herman de Vries De Heekelingen, Le Fascisme et ses résultats (Lien)