Abbé Olivier Rioult, La clef des Écritures (Page 81-83)
« Tout commence par Adam. La vie des hommes évidemment, mais aussi la révélation des divins mystères, car l’ancien Adam était déjà figure du futur et nouvel Adam… La Genèse nous donne une révélation de la création par Dieu en six jours, puis un repos le septième (anthropomorphisme pour indiquer la cessation de l’activité créatrice directe). Au sens littéral, la Genèse décrit la création du monde visible et invisible avec ses divers degrés d’être : matériel, végétal, animal, humain. Mais avant de découvrir les mystères que cache la lettre, disons un mot pour ceux qui pensent qu’Adam, Ève et la création même seraient des mythes et que notre univers ne serait que le fruit du hasard et d’une lente évolution.
Tout d’abord, constatons que le calendrier biblique correspond aux données observables. Il est en effet ridicule de prétendre que l’espèce humaine serait sur terre depuis près d’un million d’années. Posons-nous la question de savoir combien de fois la population mondiale aurait doublé depuis le premier homme et la première femme ? « En tenant compte des maladies, des famines, de la peste, des guerres et de la mortalité infantile, la population aurait probablement doublé au taux d’environ une fois tous les 200 ans, ce qui est beaucoup plus lent que les 60 à 70 ans qu’il a fallu pour doubler la dernière fois. En multipliant le nombre de fois que la population a doublé par 200 ans, nous devrions avoir une idée approximative, à quelques milliers d’années près, du moment où les deux premiers humains ont soit été créés, soit évolué. Croyez-le ou non, la population mondiale n’a doublé que 311⁄2 fois depuis l’apparition du premier couple humain sur terre, ce qui donne 6500 ans. Vous pouvez le calculer vous-mêmes avec votre propre calculatrice. [Mais si on accepte l’hypothèse] de l’évolution, en disant que la population aurait commencé avec seulement quatre personnes, il y a un million d’années, cela signifierait que la durée moyenne nécessaire pour permettre à la population de doubler aurait alors été d’environ 33000 ans (elle aurait doublé 301⁄2 fois). Il aurait donc fallu toutes ces années pour arriver à huit personnes, puis il aurait fallu un autre 33000 ans pour que la population mondiale s’élève à seize personnes. C’est une croissance plutôt lente. En comparaison, une femme maorie de la Nouvelle- Zélande est décédée en décembre 1984 à l’âge de 112 ans, laissant 450 descendants. […] Nous pouvons calculer le taux de la croissance de la population en commençant il y a environ 4500 ans, lorsque, selon les détails historiques rapportés par la Bible, Noé et sa famille (huit personnes en tout) ont survécu au déluge. Cette population a dû doubler 291⁄2 fois pour atteindre la population mondiale actuelle (en 2009) de six milliards et demi de personnes, doublant à un taux moyen d’une fois tous les 152 ans. Intéressant, n’est-ce pas ? […] Les seules données réellement fiables que nous possédons concernent la période historique, celle pour laquelle nous avons des documents écrits. Et ces données nous permettent d’établir un ordre de grandeur de l’évolution de la démographie humaine au cours des 4 derniers millénaires. On peut certainement les affiner, les moduler, mais cette évaluation, même grossière, indique clairement que la population actuelle résulte non pas de centaines de milliers d’années de vie humaine, mais seulement de moins de 10000 ans. Ce qui est pleinement en accord avec le tableau des origines présenté par la Bible. »
Il convient ensuite de réaliser que nier la création revient à se vouer à l’absurdité. Car « nier l’intelligence créatrice oblige à nier une finalité pourtant clairement à l’œuvre ici-bas, surtout chez les êtres vivants. Ainsi l’oiseau est fait pour voler. Tout en lui s’explique par cette destination originelle : les os creux, le flux respiratoire en continu à sens unique, le plumage, la fréquence cardiaque, etc. Comment admettre qu’un hasard ait pu créer de telles formes, surtout lorsqu’il s’agit d’organismes immensément complexes, y compris chez le moindre animal. […] La moindre cellule a besoin d’une membrane pour simplement exister ; or la membrane est faite de protéines et il faut déjà une cellule fonctionnelle pour fabriquer les protéines… Qui n’aperçoit la difficulté ? Si cette objection si banale (mais toujours sans réponse) bénéficiait du même budget de propagande sur fonds publics que celui alloué à la théorie darwinienne, tout le monde se rendrait compte que la science n’a aucune théorie fiable pour expliquer l’origine de la vie et n’en aura jamais. »
La fausse « vision scientifique du monde », qui domine aujourd’hui, n’est qu’un matérialisme idéologique athée qui est la voie la plus sûre pour ne rien comprendre aux choses et à l’homme. Non, nous ne venons pas du singe. Oui, nous venons de Dieu. Non, l’explosion du big-bang ne pourra jamais rien expliquer, pas plus que l’explosion d’une imprimerie ne pourrait expliquer l’existence d’un dictionnaire. Comme le dit saint Jean au début de son Évangile : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu… » Quand on prétend expliquer le supérieur par l’inférieur, l’immatériel par le matériel, le vivant par l’inerte… on n’a plus affaire à de la science mais à une idéologie déraisonnable. « Les plus vieux écrits connus en Chine comme en Égypte sont des traités de médecine concernant les vertus thérapeutiques des plantes. Il est difficile de croire qu’il s’agit là d’un savoir accumulé suite à des essais heureux ou malheureux dus au hasard ? […] Comment deviner, au seul aspect d’une plante, si elle sera médicinale et quels en seront les effets, bien différents selon la partie prélevée (racine, fleur, feuilles, graines ou plante entière), selon le mode de préparation (décoction, broyat, infusion, etc.) et selon le mode d’administration (potion, fumigation, pansement, etc.) ? Ici encore la Tradition transmise par les Patriarches, l’histoire biblique des premiers temps de l’humanité donne une interprétation simple et cohérente d’un phénomène inexpliqué. Même si la connaissance primitive s’est fragmentée, déformée, voire appauvrie par les vicissitudes des siècles et de la dispersion des peuples après Babel, il en restait assez pour que l’intuition et l’inspiration du chercheur portassent leurs fruits et ajoutassent au savoir reçu. Salomon le précise dans le livre de la Sagesse : « C’est Dieu qui m’a donné la science vraie de ce qui est, qui m’a fait connaître… les variétés de plantes et les vertus des racines » (Sag 7,17-20)
Nous invitons les sceptiques à méditer les propos suivants de deux savants universellement reconnus. Alfred Kastler, Prix Nobel de physique, écrivait en 1966, dans son livre Cette étrange matière : « Il est pour moi, physicien, absurde de penser que l’univers se soit fait par hasard […]. Je ne conçois pas le monde sans un créateur donc un Dieu. Pour un physicien, un seul atome est si compliqué, si riche d’intelligence que l’univers matérialiste n’a pas de sens […]. Je ne peux croire, pour parler net, que le hasard et la nécessité soient les seuls responsables de l’évolution. Des cosmonautes qui découvriraient, sur la face cachée de la Lune, une usine automatique d’aluminium en plein fonctionnement n’arriveraient pas à se persuader que cette usine s’est trouvée constituée par le seul jeu fortuit des réactions physico-chimiques entre les différents éléments présents sur la surface de notre satellite. Ils se croiraient plutôt victimes d’une hallucination. Or, la moindre bactérie est une usine physico-chimique bien plus complexe et d’une organisation bien plus ingénieuse qu’une usine automatique d’aluminium. » La seconde citation est du célèbre entomologiste du Vaucluse, J.H. Fabre, qui, dans ses souvenirs sur ses expériences, avait remarqué que certains insectes étaient « des tueurs » et d’autres simplement « des paralyseurs » : « les premiers, vivant de leur proie, frappent le gibier de mort foudroyante en les piquant dans les ganglions cervicaux. Les seconds qui veulent des conserves fraîches pour leurs larves, abolissent les mouvements en piquant le gibier dans les autres ganglions. Les uns et les autres s’adressent à la chaîne nerveuse, mais ils choisissent le point d’après le but à atteindre. S’il faut la mort, et la mort soudaine, sans péril pour le chasseur, la nuque est atteinte ; s’il faut la simple paralysie, la nuque est respectée, et les segments suivants reçoivent le coup de poignard. […] Si l’instinct de ces savants meurtriers n’est pas, chez les uns comme chez les autres, une pré- disposition innée, inséparable de l’animal, mais bien une habitude acquise, vainement je me mets l’esprit à la torture pour comprendre comment cette habitude a pu s’acquérir. Enveloppez ces faits, tant que vous le voudrez, de nuages théoriques, vous ne parviendrez jamais à voiler leur éclatante affirmation sur un ordre préétabli. »
L’ordre ne peut pas naître du hasard ! C’est pourquoi saint Paul dit que les savants impies qui « se vantent d’être sages sont devenus fous », car ils se sont émerveillés de l’œuvre visible du monde sans « glorifier » les perfections invisibles du divin Ouvrier. Ils sont donc « inexcusables d’avoir retenu la vérité captive » (Rom 1, 18-23). Quant à nous, nous affirmons que la Sagesse de Dieu est à la source et au principe de tout. »