Antéchrist

Abbé Julio Meinvielle, Les trois peuples bibliques
« Tâchons d’expliquer ici qui est ce personnage mystérieux qui remplit l’histoire à sa manière et dont les triomphes grandioses ne diminueront pas avec le temps qui passe.
Que nous enseigne la foi au sujet de l’Antéchrist ? Saint Jean nous dit : « Mes petits enfants, c’est la dernière heure ; et comme vous avez entendu dire que l’Antéchrist doit venir, dès maintenant il y a plusieurs antéchrists ; par là, nous savons que c’est la dernière heure. »
Et saint Paul dans son Épître aux Thessaloniciens enseigne : « Que personne ne vous séduise en aucune manière ; car il faut que l’apostasie arrive auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme de péché, le fils de la perdition ; l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu, ou qui est adoré, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se faisant lui-même passer pour Dieu. »
De l’enseignement de l’apôtre saint Paul qui est parole de Dieu pour les chrétiens, il apparaît clairement que l’Antéchrist sera une personne physique singulière, qui concentrera en elle la plus grande malice qu’on puisse concevoir. Il fera une guerre sans quartier à Dieu et au Christ. Son importance est si grande pour la destinée des hommes que l’Antéchrist aura des précurseurs comme le Christ a eu les siens. Saint Thomas résume dans la Somme théologique ce que les théologiens catholiques soutiennent de plus sérieux à ce sujet : l’Antéchrist est la tête de tous les hommes mauvais, non selon l’ordre chronologique ou causal, mais en raison de la perfection de sa malice.
« Aussi, dit Saint Thomas, commentant ce que l’Apôtre écrit : « Qu’il se fait passer pour Dieu », la Glose dit : « De même que dans le Christ habita la plénitude de la divinité, ainsi dans l’Antéchrist habite la plénitude de la malice ». Non pas que son humanité ait été assumée en unité de personne par le diable, comme l’humanité du Christ par le Fils de Dieu, mais parce que le diable l’influe par sa malice, de manière plus éminente que tous les autres hommes. C’est pourquoi on peut dire que tous les méchants qui l’ont précédé sont comme des figures de l’Antéchrist : « Le mystère d’iniquité est déjà à l’œuvre. »
« Le diable, au nom de qui viendra l’Antéchrist, commence déjà à opérer secrètement son iniquité, par les tyrans et les séducteurs, car les persécutions de l’Église de ce temps sont figures de cette ultime persécution contre les bons et elles sont bien imparfaites en comparaison. »
Quand viendra l’Antéchrist ? Dieu seul connaît le jour et l’heure. Mais saint Paul nous enseigne quelles sont les choses qui devront le précéder et comment, avant qu’il ne vienne, doit se produire la discessio ou apostasie des nations dont nous parle l’Épître à Timothée, et que le Seigneur Lui-même mentionne en saint Matthieu. Auparavant, « la prédication de l’Évangile du Royaume dans le monde entier », et l’entrée des nations dans l’Église devront encore avoir lieu.
Que sera cette discessio ? La discessio de la foi sera-t-elle simplement un éloignement ou une apostasie de la foi ? Saint Thomas recueille et complète l’opinion de saint Augustin qui acquiert un sens et une réalité surprenantes : « Cette discessio est aussi la disparition de l’Empire romain auquel le monde entier était jusque-là soumis. En revanche, saint Augustin dit que tout cela a été figuré par la statue de Daniel, où sont mentionnés les quatre royaumes et après eux l’avènement du Christ : tout cela signifiait convenablement que l’Empire romain avait été fondé en vue de la prédication de la foi dans le monde entier. Mais, comment cela se pourra-t-il, si les nations se sont déjà éloigné de l’Empire romain et que l’Antéchrist n’est pas encore apparu ? Il faut dire qu’il n’a pas encore disparu, mais qu’il s’est changé de temporel en spirituel, comme l’enseigne le pape Léon dans le Sermon sur les Apôtres. Aussi, la disparition de l’Empire romain doit-il être comprise non seulement au sens temporel, mais aussi au sens spirituel de la foi catholique de l’Église romaine. De même qu’il était convenable que le Christ vint quand l’Empire romain dominait universellement, à l’inverse l’un des signes de l’Antéchrist sera sa disparition. » […]
De l’Antéchrist, on lit : « L’avènement de cet impie aura lieu selon la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges trompeurs, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent, parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. C’est pourquoi, Dieu leur enverra une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n’auront pas cru à la vérité, mais qui auront consenti à l’iniquité, soient condamnés. »
Des juifs, le Christ Lui-même dit dans saint Jean : « Vous avez le diable pour père, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été homicide dès le commencement, et il n’est pas demeuré dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et père du mensonge. »
Assurément, s’il existe une étroite intimité dans l’action du mal dans le monde entre le diable, l’Antéchrist et les juifs, ces derniers se devaient de travailler à la destruction de ce grand œuvre de Dieu qu’est la sainte Église. Avec quelle furie ces trois ennemis de la Chrétienté ont-ils entrepris de détruire l’admirable civilisation millénaire que le christianisme a édifiée. »

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Abbé Augustin Lémann – L’antéchrist (1MO)

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